sept 30

L’agriculture doit augmenter de 70% d’ici 2050 !

L'homo Bio !

La production agricole mondiale doit augmenter de 70% d’ici 2050 pour nourrir la population de la planète, qui atteindra alors les 9,1 milliards de personnes, a estimé jeudi dans un rapport l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
 
« La FAO fait preuve d’un optimisme prudent sur le potentiel du monde à se nourrir d’ici à 2050″, a indiqué Hafez Ghanem, sous-directeur général de la FAO. Toutefois, nourrir tout un chacun d’ici là n’est pas « automatique », à moins de relever plusieurs défis de taille, a-t-il ajouté.
 
La FAO a convoqué pour les 12 et 13 octobre un Forum d’experts de haut niveau pour discuter des stratégies à mettre en oeuvre pour relever ces défis. Le Forum, intitulé « Comment nourrir le monde en 2050″ rassemblera quelque 300 experts (universitaires, chercheurs, ONG, secteur privé) de pays développés et en développement. Il préparera le terrain à la tenue du 16 au 18 novembre d’un nouveau Sommet mondial sur la sécurité alimentaire.
 
La population mondiale doit passer de 6,8 milliards à 9,1 milliards en 2050, selon les dernières projections des Nations Unies, et l’essentiel de la croissance démographique se produira dans les pays en développement.
 
C’est en Afrique subsaharienne, que le taux de croissance sera le plus fort (+108%, soit 910 millions de personnes). En revanche, il sera le plus faible en Asie de l’est et du sud-est (+11%, soit 228 millions de personnes). La demande alimentaire va continuer à s’accroître du fait de la croissance démographique et de l’augmentation des revenus.
 
La production céréalière annuelle devra croître de près d’un milliard de tonnes (elle atteint aujourd’hui 2,1 milliards de tonnes) et la production de viande devra augmenter de plus de 200 millions de tonnes, totalisant 470 millions de tonnes en 2050, dont 72% seront consommés dans les pays en développement (contre 58% aujourd’hui), selon la FAO.
 
La production de biocarburants pourrait également doper la demande de produits agricoles, et ce en fonction des prix de l’énergie et des politiques gouvernementales. Les terres arables devront augmenter d’environ 120 millions d’hectares dans les pays en développement, principalement en Afrique subsaharienne et en Amérique latine.
 
Globalement, les disponibilités de ressources en terre sont suffisantes pour nourrir la future population mondiale, mais une grande partie des terres encore inexploitées souffrent de contraintes chimiques et physiques, de maladies endémiques et du manque d’infrastructures, autant de problèmes difficiles à surmonter. Il faut donc des investissements de taille pour les mettre en production.
 
Les prélèvements d’eau pour l’agriculture irriguée devraient augmenter à un rythme plus lent compte tenu de la meilleure efficacité d’utilisation de l’eau, mais ils progresseront néanmoins de près de 11 pour cent d’ici à 2050.
 
A l’échelle mondiale, les ressources d’eau douce sont suffisantes, mais réparties de façon très inégale, et le manque d’eau atteindra des niveaux alarmants dans un nombre croissant de pays ou de régions, en particulier au Proche-Orient/Afrique du Nord et en Asie du Sud. (belga/ca)

(Source :  www.7sur7.be   23/ 09 /2009)

sept 30

Arrêter les éoliennes en cas de vent faible sauve beaucoup de chauves-souris !

Chauve-souris !

Ne pas faire fonctionner les éoliennes en cas de vent faible permet de réduire de 60% la mortalité des chauves-souris, sans pour autant avoir une grande incidence sur la production d’énergie, a expliqué vendredi un chercheur de l’université canadienne de Calgary (ouest).
 
Le professeur Robert Barclay, biologiste à l’université de Calgary (Alberta), et une équipe de scientifiques avaient averti l’an dernier, qu’une hécatombe causée par la multiplication d’éoliennes pourrait, à terme, menacer les chauves-souris d’extinction, ce qui aurait un impact notable sur l’écosystème car ces animaux se nourrissent d’insectes nuisibles aux récoltes.
 
La cause principale de ces décès est le brusque changement de pression engendré par la rotation des pales, avait conclu en 2008 l’équipe canadienne.
 
« Nous avons donc essayé de trouver un moyen d’y remédier », a dit à l’AFP le professeur Barclay dont les conclusions sont publiées dans l’édition de septembre de la revue scientifique américaine « The journal of wildlife management ».
 
En coopération avec TransAlta, entreprise spécialisée dans cette énergie renouvelable, les scientifiques ont étudié le comportement des petits animaux dans un champ de 39 éoliennes situé à environ 200 km au sud de Calgary. Leur période d’étude s’est étalée du 15 juillet au 30 septembre en 2006 et 2007, c’est-à-dire pendant la période de migration de ces mammifères vers le sud.
 
Ils ont constaté que lorsque la vitesse du vent est faible, les chauves-souris manifestent une activité accrue, mais sont également plus susceptibles de mourir autour des éoliennes.
 
En conséquence, les chercheurs ont porté la vitesse de vent déclenchant le démarrage des pales de 4 m/s (14,4 km/h) à 5,5 m/s (19,8 km/h). « Nous avons comparé ces turbines expérimentales à celles fonctionnant normalement: la mortalité avait chuté de 60% », raconte le professeur Barclay. (belga)

(Source : www.7sur7.be   25/09/2009)

sept 30

L’Inde confrontée à la pire sécheresse depuis 1972 !

sécheresse

La mousson indienne accuse cette année un déficit pluviométrique d’environ 20%, confrontant le pays à la pire sécheresse depuis 1972, ont indiqué mercredi les services météorologiques.
 
« Au 21 septembre, le déficit pluviométrique était de 22% », a déclaré un porte-parole des services météorologiques. « Nous estimons que le déficit total à la fin de la saison des pluies sera d’environ 20% », a-t-il ajouté.
 
Pour les 235 millions de paysans indiens, une mauvaise mousson entraîne des conséquences financières désastreuses en raison du manque d’irrigation dans les champs.
 
Les faibles pluies tombées au début de la mousson ont endommagé les cultures de riz, de cannes à sucre et d’arachides et ont interrompu l’arrivée d’eau dans les principaux réservoirs utilisés pour l’énergie hydroélectrique et l’irrigation en hiver.
 
L’Inde avait déjà accusé en 2002, 1987 et 1979 un déficit pluviométrique de l’ordre de 19%, mais la pire sécheresse remonte à 1972 avec un déficit de 23,9%. La période de la mousson s’étend en Inde de juin à septembre, même si des pluies tardives peuvent encore tomber en octobre. (belga/ca)

(Source : www.7sur7.be  24/09/2009)

sept 30

Les nouvelles espèces du bassin du Grand Mékong en danger !

Espèces en danger !Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a affirmé vendredi que pas moins de 163 nouvelles espèces végétales et animales avaient été découvertes en 2008 dans la région du Grand Mékong, mais qu’elles étaient menacées par le réchauffement climatique.
 
Parmi ces espèces figure une grenouille qui se nourrit de petits oiseaux et qui est restée inconnue des chercheurs alors qu’elle évolue dans une zone étudiée depuis 40 ans.
 
« Extinction de nombreuses espèces »
La zone du Grand Mékong englobe les pays traversés par le fleuve du nord au sud, de la région chinoise du Yunnan jusqu’au Vietnam, en passant par le Laos, la Birmanie, le Cambodge et la Thaïlande.
 
« Certaines espèces seront capables de s’adapter aux changements climatiques, d’autres non, ce qui risque de conduire à l’extinction de nombreuses espèces », a indiqué Stuart Chapman, patron du programme de la région du Grand Mékong pour l’organisation écologique.
 
Plusieurs découvertes
Le rapport de la WWF a été publié alors que commence lundi à Bangkok une nouvelle session de négociations de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
 
L’objectif est de préparer le sommet de Copenhague en décembre, qui vise un accord fondamental pour succéder au Protocole de Kyoto.
Les scientifiques ont découvert l’an passé 100 nouvelles plantes, 28 poissons, 18 reptiles, 14 amphibiens, deux mammifères et un oiseau dans cette région.
 
Un serpent a ainsi été découvert complètement par hasard sur une île au large du Vietnam par un scientifique qui observait un lézard. Son fils a alors remarqué le serpent juste à côté.
 
Une mine d’or
« On a attrapé le serpent et le lézard et les deux étaient de nouvelles espèces », raconte dans le rapport Lee Grismer, de l’université Sierra de Californie. La région du grand Mékong est une mine d’or pour les scientifiques qui ont découvert pas moins de 1.068 nouvelles espèces entre 1997 et 2007.
 
La WWF a souligné l’importance des négociations de Bangkok. « La protection des espèces menacées et des communautés vulnérables dans le Grand Mékong et ailleurs dans le monde dépendra des progrès effectués à Bangkok », a assuré Kathrin Gutmann, responsable du climat à la WWF. (belga/chds)

(Source : www.7sur7.be  25/09/2009)

sept 30

Le nuage de poussière rouge australien a atteint la Nouvelle-Zélande !

Nuage de poussière rouge !

Des particules du gigantesque nuage de poussière rouge en provenance du désert australien ont atteint la Nouvelle-Zélande. Les services météorologiques de l’aéroport d’Auckland ont en effet remarqué vendredi du sable rouge sur le sol.
 
La ville d’Auckland est située à plus de 2.100 kilomètres à l’est des côtes de l’Australie, touchée cette semaine par la plus forte tempête de sable depuis 70 ans, qui a recouvert le pays de sable rouge et qui a paralysé le trafic. Le nuage de poussière, visible sur les images satellite, se dirigeait vers la Nouvelle-Zélande derrière une dépression marquée par de fortes pluies.
 
Les vents violents avaient fait tourbillonné plus de 4.000 tonnes de sable en une heure dans l’intérieur du pays et s’étaient ensuite déporté sur la côte est, sur un front large de 800 kilomètres. Les Australiens s’étaient plaints de problèmes respiratoires et de nombreuses routes avaient paralysé le trafic. (belga/chds)

(Source : www.7sur7.be  25/09/2009)

sept 30

Au moins 113 morts après un tsunami aux Samoa !

Tsunami aux Samoa !

Au moins 113 personnes ont été tuées mardi dans trois nations du Pacifique Sud après le puissant séisme qui a provoqué un tsunami aux îles Samoa, selon un dernier bilan qui pourrait encore s’alourdir, ont indiqué des responsables.
 
« Il doit y avoir plus de 100 morts, le dernier décompte a été effectué à 14h00 locales (03h00 HB mercredi), et nous avons dénombré 84 corps », a déclaré un employé de l’hôpital Tupua Tamasese des Samoa.

Aux Samoa américaines, 22 personnes ont péri, selon des responsables. Par ailleurs, 7 personnes ont trouvé la mort dans l’archipel voisin des Tonga.
 
Plusieurs dizaines de personnes sont également portées disparues alors que les communications sont coupées avec de nombreux villages.
 
Un séisme, d’une magnitude 8 selon l’USGS, s’est produit à 6H48 locales mardi (19H48 HB), et son épicentre a été localisé à environ 200 km au sud-ouest d’Apia, selon un rapport préliminaire de l’USGS.
 
Le séisme a touché l’archipel des Samoa, composé de l’Etat indépendant des Samoa, regroupant environ 219.000 habitants, et des Samoa américaines, administrées par Washington et qui comptent 65.000 habitants. Le séisme a été suivi d’un tsunami une vingtaine de minutes plus tard. (belga)

(Source : www.7sur7.be  30/09/2009)

sept 30

Sept morts dans un fort séisme au Bhoutan !

Un fort séisme de magnitude 6,3 s’est produit lundi dans le royaume bouddhiste himalayen du Bhoutan, provoquant la mort de sept personnes et endommageant des monastères et des bâtiments, selon l’Institut de géophysique américain (USGS) et des autorités du Bhoutan.
 
Selon l’USGS, l’épicentre du séisme a été localisé à 180 km à l’est de la capitale Thimphou, à une profondeur d’environ 7,2 km. L’épicentre est situé dans une région faiblement peuplée, selon le département météorologique indien. Un responsable de la cellule de gestion de crise du Bhoutan, U Tenzin, a indiqué que sept personnes ont été tuées par l’effondrement de bâtiments dans les régions de Munggar et Tashigang, à l’est de la capitale.
 
« Cinq personnes sont mortes dans l’effondrement de leur maison à Munggar et deux autres ont été tuées dans l’effondrement d’un immeuble de deux étages dans le district voisin de Tashigang », a-t-il précisé par téléphone. « Il est difficile d’évaluer l’étendue des dégâts pour le moment », a-t-il ajouté. Le site internet du quotidien bhoutanais Kuensel a indiqué que des monastères et d’autres bâtiments ont été endommagés dans la région de Munggar, proche de l’épicentre.
 
Selon le chef du district de Munggar, Sherab Tenzin, interrogé par téléphone, les bâtiments faits de boue et de pierre ne se sont pas effondrés « mais il y a des signes visibles de dégâts ». Des équipes de police et de secours ont été dépêchées sur place pour évaluer les dégâts, a-t-il ajouté. De fortes secousses, d’une durée de 20 secondes, ont été ressenties à Guwahati, la capitale de l’Etat indien de l’Assam, à quelque 125 km, où des habitants, pris de peur, se sont rués dans la rue. Selon des témoins, des fissures sont apparues sur des immeubles mais il n’y a aucun dégât majeur.
 
Le séisme a été aussi ressenti dans la capitale du Bangladesh, Dacca, et à Lhassa, la capitale de la Région autonome du Tibet, selon les médias étatiques chinois. Le Bhoutan, enclavé entre la Chine et l’Inde, reste l’un des pays les plus mystérieux de la planète. Ce pays grand comme la Suisse, peuplé de 670.000 habitants, n’avait ni routes, ni téléphone, ni monnaie jusque dans les années 1960.
 
Le pays ne s’est vraiment ouvert au monde que dans les années 1970, mais il sélectionne encore ses touristes en accordant des visas à 200 dollars la journée. La télévision n’a été autorisée qu’en 1999. La vente de tabac est interdite depuis 2005. De premières élections législatives y ont été organisées en mars 2008. (belga/mb)

 

(Source : www.7sur7.be  21/09/2009)

sept 30

Séisme de magnitude 4,6 dans le centre de l’Italie !

Un séisme de magnitude 4,6 sur l’échelle de Richter s’est produit dimanche matin vers 06H00 dans le centre de l’Italie, dans la région des Marches, sans causer de victimes ou de dégâts, même si la population est descendue dans les rues, ont indiqué les autorités locales.
 
« Nous effectuons des contrôles pour vérifier s’il y a eu des dégâts, mais cela ne semble pas être le cas pour le moment », a déclaré le responsable de la protection civile des Marches, Roberto Oreficini.
 
L’épicentre a été localié à une profondeur de 37,7 km, dans la province de Macerata, dans les Marches. La secousse a été ressentie également sur la côte adriatique, dans la grande ville d’Ancône notamment.
 
Il y a six jours, un séisme de magnitude 4,2 sur l’échelle de Richter avait touché le nord de la Toscane sans causer de dégâts.
 
L’Italie enregistre régulièrement une importante activité sismique sur son territoire.
 
Début avril, un fort séisme a frappé le centre du pays, la région des Abruzzes, faisant 300 morts et des dizaines de milliers de sans-abri. (brlga)

 

(Source : www.7sur7.be  20/09/2009)

sept 30

IASI mesure pour la 1ere fois l’ammoniac de l’atmosphère !

Iasi à bord du satellite MetOp (source cnes)

Grâce aux mesures infrarouge de l’instrument du CNES, une équipe de chercheurs franco-belge a obtenu les 1eres cartes globales d’ammoniac de l’atmosphère. 

L’ammoniac provient principalement de l’usage des fertilisants agricoles et de l’intensification des pratiques d’élevages.

IASI* n’avait pas été conçu pour mesurer l’ammoniac car le signal d’absorption de ce dernier est extrêmement faible : une fois émis, il ne reste que quelques heures dans l’atmosphère mais engendre une cascade d’effets environnementaux qui, a des concentrations élevées, affectent la faune, la flore, et la qualité de l’air localement.« Les mesures de l’ammoniac réalisées démontrent que IASI est un instrument très performant. » s’enthousiasme Cathy Clerbaux, directeur de recherche au CNRS.

L’ammoniac est le plus mal connu parmi les polluants régulés par les directives européennes pour la qualité de l’air. Les cadastres d’émission sont peu précis et la surveillance globale et systématique de cette espèce est difficile. « Ces 1eres cartes globales d’ammoniac permettront de réaliser des inventaires d’émissions plus réalistes », affirme Cathy Clerbaux.

«  IASI améliore la qualité des prévisions météorologiques mais aussi les connaissances sur les gaz impliqués dans les pics de pollution » se réjouit Cathy Clerbaux.

Embarqué sur le satellite météorologique MetOp, IASI est un acteur essentiel du suivi de l’environnement et du climat.

Grâce à son spectromètre, plusieurs constituants atmosphériques ont déjà été observés : l’ozone, le monoxyde de carbone, le méthane, le dioxyde de carbone, et aujourd’hui l’ammoniac.

« Les nombreuses mesures, accumulées durant 1 an, ont permis d’isoler la signature de l’ammoniac du bruit de fond de l’instrument et d’augmenter la précision des mesures  », explique Cathy Clerbaux.

Grâce à ces observations, les chercheurs ont mis en évidence une sous-estimation des sources d’ammoniac dans l’hémisphère Nord, en particulier en Amérique (Californie, Idaho), en Europe (vallées du Po et de l’Ebre) et en Asie Centrale.

Des sources n’existant pas dans les inventaires actuels ont ainsi été détectées. Au total, une trentaine de sources majeures d’ammoniac ont été identifiées, pour l’année 2008.

 (Source : www.cnes.fr )

sept 30

 

Le SLAM

 Afin de redonner du sens et pour mieux appréhender la notion de richesse voici une petite analyse menée en dix points par Philippe  Merlant et Patrick Viveret traitant de ce sujet ô combien crucial !

 

Bonne réflexion…

 

 1. le pib est un bon indicateur
de la richesse créée.

De la vache folle à l’Erika, de la tempête de décembre 1999 aux accidents de la route ou à l’explosion de l’usine AZF à Toulouse : toutes ces catastrophes sont des bénédictions pour notre produit intérieur brut ! Les centaines de milliards de francs qu’elles coûtent à la collectivité ne sont pas comptabilisées comme des destructions, mais comme des créations de richesse : dès lors qu’il faut payer des garagistes pour réparer les voitures endommagées, des cimentiers pour brûler les farines animales ou des médecins pour soigner les victimes de la pollution, des valeurs ajoutées monétaires sont enregistrées dans les comptes. Ce qui contribue à gonfler le PIB (produit intérieur brut).

2. seules les entreprises
produisent de la richesse.

Notre système économique repose sur la stricte séparation entre, d’un côté, des entreprises considérées comme seules productrices de richesse et, de l’autre, des activités sociales et écologiques financées par prélèvement sur cette richesse. Un tel mythe condamne les associations à quémander leurs moyens d’existence à l’État ou à les rechercher sur le marché, faute de disposer de ressources directement liées aux richesses sociales qu’elles contribuent à créer ou à préserver. En termes de comptabilité nationale, les associations concourent à faire baisser le PIB en développant des activités bénévoles plutôt que rémunérées. Ce système pervers fait des services publics un secteur suspecté en permanence de parasitisme.

3. les indicateurs de productivité de l’ère industrielle sont toujours valables.

Nous disposons d’outils de mesure de la productivité forgés pour favoriser une croissance matérielle de nature industrielle. Ceux-ci s’avèrent largement contre-productifs lorsqu’il s’agit d’affronter les trois grands défis de l’avenir : entrée dans l’ère informationnelle, enjeux écologiques, rôle des services relationnels (éducation, santé…) dans notre développement. Ainsi, en matière de santé, ce qui compte n’est pas le nombre de visites chez le médecin, mais le fait de savoir si l’on est guéri ou, mieux, si l’on échappe à tel ou tel risque. Or, dans la comptabilité actuelle, plus on fait de prévention, plus on casse la croissance (puisqu’on consomme moins de médicaments et d’heures d’hospitalisation)!

4. la monnaie sert d’abord
à faciliter l’échange.

Exact, mais pour une part seulement. Le mot « payer » vient du latin pacare, qui signifie pacifier et Montesquieu a développé une théorie du  » doux commerce  » comme alternative à la guerre. Mais, si la monnaie remplit cette fonction lorsqu’elle facilite l’échange entre partenaires, elle devient facteur de violence quand elle se fait outil de domination d’un capitalisme relevant plus de la volonté de puissance que du désir d’échange. Que des personnes désireuses d’échanger et de créer des activités ne puissent le faire au motif qu’elles sont insolvables est en contradiction avec la théorie de la monnaie comme outil d’échange.

5. l’argent reste le fondement de tout système d’échange.

Le système d’échange le plus universel entre les êtres humains est en réalité celui du temps. Celui-ci remplit d’autant mieux les rôles d’unité de compte et de moyen d’échange traditionnellement dévolus à la monnaie que ses unités (heures, minutes, secondes) ont l’avantage, contrairement à l’argent, d’être universellement reconnues et invariables. Bref, ce qu’on appelle l’argent, et qui n’est en fait que la « monnaie de marché », n’est qu’un cas particulier de l’échange de temps. Il serait plus judicieux de dire que « l’argent, c’est du temps » plutôt que « le temps, c’est de l’argent ».

6. c’est la rareté qui fait la vraie valeur
d’un bien.

Nous définissons la valeur, au sens économique, par la rareté. Mais cette intuition devient fausse lorsqu’elle dénie toute valeur à des biens non rares mais dont la perte serait irréparable : l’air est abondant et gratuit, mais sa disparition condamnerait l’espèce humaine. Ce qui montre que la valeur marchande est un sous-ensemble d’un système de valeurs plus élevé, dont il suffit de simuler la perte pour découvrir l’importance.

7. les ressources planétaires sont insuffisantes pour satisfaire tous les besoins.

La guerre économique actuelle, que l’on nous présente comme liée à des logiques de rareté et de survie, se situe dans un contexte où les besoins fondamentaux des six milliards d’êtres humains peuvent être satisfaits. Les chiffres du Pnud (Programme d es Nations unies pour le développement) sont éloquents : il faudrait environ 40 milliards de dollars par an pour éradiquer la faim, permettre l’accès à l’eau potable pour tous, pour les loger décemment et combattre les grandes épidémies. Soit dix fois moins que pour les dépenses mondiales de publicité !

8. l’économie est née de la nécessité d’affecter des ressources rares.

Dans la plupart des cas, ce n’est pas la rareté mais l’abondance qui caractérise la nature : que l’on pense à l’abondance des espèces, des cellules et, de manière générale, à la formidable profusion dont témoigne le phénomène de la vie… Loin que l’économie apparaisse comme l’activité de base, condition de toute survie, elle est beaucoup plus, à partir de sa réinvention moderne au xixe siècle, l’idéologie dominante de la société industrielle.

9. l’économie joue un rôle central dans toutes les sociétés humaines.

S’il est un trait commun à la plupart des civilisations, c’est la subordination du travail, de la production et, plus largement, de la sphère économique à des activités ou des valeurs jugées plus fondamentales comme la politique, la culture, la philosophie. Même Adam Smith, le père de notre économie politique, estimait que le vrai rôle de l’économie était, en organisant l’abondance, de réunir les conditions pour construire ensuite une « république philosophique ». Quant à Keynes, il considérait que l’économie devrait occuper, à terme, une place réduite dans l’activité sociale et les économistes accepter que leur rôle ne soit pas plus important que celui des « dentistes ».

10. il n’y a pas d’alternative au plan international sur ces questions.

Dès aujourd’hui, on peut s’appuyer sur un courant de recherche international pour faciliter la transformation de nos systèmes de représentation de la richesse. En témoignent les indicateurs de développement humain et de pauvreté élaborés par le Pnud, ceux de l’Union européenne sur des indicateurs environnementaux et sociaux, le débat récent sur la « responsabilité sociale de l’entreprise » et même certaines études de la Banque mondiale et de l’OCDE sur  » le capital social  » et le « capital naturel ». Enfin et surtout, l’exigence croissante de la société civile mondiale pousse les acteurs institutionnels et économiques à bouger sur cette question : la rencontre de Québec « globaliser la solidarité », organisée par les acteurs de l’économie sociale et solidaire, et le Forum social mondial de Porto Alegre ont tous inscrit la reconsidération de la richesse à leur ordre du jour. Du coup, il devient difficile d’arguer du fait que la France ne saurait s’engager seule dans une stratégie de transformation pour justifier l’immobilisme. Redonner leur sens aux mots. 

 (Source : www.banquedumiel.org)