nov 13

Le Kilimandjaro, tout un symbole !

Kilimandjaro_7sur7En Tanzanie, sur la plus haute montagne d’Afrique,   la glace fond rapidement !

En effet, le glacier du Kilimandjaro, vieux de 12000 ans, a déjà perdu un quart de sa superficie entre 2000 et 2007.

La fonte des glaciers est un phénomène global qui s’amplifie sur une grande partie des massifs montagneux de la planète et la montée des températures semble en être la cause principale.

Ce sujet d’extrême importance devrait être l’un des débats majeurs qui seront tenus lors du Sommet de Copenhague.

Espérerons qu’en ce qui concerne les relations internationales la glace fonde là aussi !

Les solidaires et nécessaires mesures d’acclimatation au changement climatique en dépendent. A suivre…

Y.B.

Par Hannah Devlin, Times, 2 novembre 2009

Kilimandjaro 2_contreinfo« Les neiges du Kilimandjaro auront disparu d’ici deux décennies, estiment les scientifiques, qui indiquent que la fonte rapide de ce glacier durant le siècle dernier apporte une spectaculaire preuve concrète du changement climatique mondial.

Si ces prévisions – basées sur 95 années d’observations des glaces du Kilimandjaro – s’avèrent exactes, le sommet de la plus haute montagne d’Afrique serait dépourvu de glaces pour la première fois depuis plus de 12 000 ans.

Depuis 1912, 85% du glacier a disparu et la fonte ne semble pas se ralentir. Vingt-six pour cent de la glace a disparu depuis 2000.

L’étude publiée aujourd’hui dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, conclut que la cause principale de cette fonte des glaces est l’augmentation des températures mondiales. Bien que les changements de la nébulosité et des précipitations neigeuses puissent également jouer un rôle, ces facteurs semblent être de moindre importance. Même d’intenses sécheresses, dont l’une d’elles avait duré environ 300 ans, n’avaient pas provoqué une telle diminution du glacier.

L’étude, réalisée à partir de photographies terrestres et satellitaires, montre la diminution de la superficie de glace entre 1912 et 2007. Les 12 km carrés de glace de 1912 se sont réduits à 1,9 km carré en 2007, et les deux grands champs de glace existant auparavant ont laissé place à plusieurs petites formations isolées.

Pour la deuxième partie de leur étude, les scientifiques de l’Université de l’Ohio ont foré la glace jusqu’à la roche et extrait des carottages de glace sur six sites différents. Ces carottes, descendant jusqu’à une profondeur de 49 m, ont permis de retracer l’historique de la glace, de sa fonte et des précipitations des 11 700 dernières années.

Les bulles allongées emprisonnées dans la couche superficielle de l’un des prélèvements indiquent que des phases de gel et de fonte avaient alterné au cours des 40 dernières années. Par le passé, même les événements climatiques extrêmes n’avaient pas provoqué de fonte notable. Une grave sécheresse, intervenue il y a 4200 ans et qui avait duré trois siècles, a laissé une couche de poussière, mais aucune preuve de fonte importante.

Les techniques de datation radioactive ont également montré que la glace avait rapidement perdu en épaisseur et en superficie. Le glacier sud a perdu 5 mètres d’épaisseur entre 2000 et 2007, et le glacier Furtwängler, plus petit, a perdu de 4,8 m, soit 50% de son épaisseur totale.

« Une année Furtwängler sera là, et l’année suivante, il aura disparu », prévoit Lonnie Thompson, un paléoclimatologue de l’université d’Ohio, qui a dirigé cette étude.

La fonte du Kilimandjaro s’inscrit dans une tendance générale de diminution des glaciers à travers l’Afrique, l’Inde et l’Amérique du Sud. Ce phénomène se produit sur le mont Kenya, les Monts Rwenzori en Afrique centrale, ainsi que sur les glaciers de l’Himalaya et des Andes.

« Le fait que tant de glaciers dans les régions tropicales et subtropicales montrent des réponses similaires suggère une cause commune sous-jacente », indique le professeur Thompson.

Il attribue cette évolution à la hausse des températures de surface de la Terre, qui est plus prononcée à haute altitude. Les scientifiques prévoient que même sans réchauffement supplémentaire, tous les glaciers finiront par fondre, sauf ceux situés sur les plus hauts sommets.

La fonte des glaciers peut être dévastatrice pour les espèces qui dépendent des environnements neigeux pour leur survie. Elle peut également avoir des conséquences pour l’agriculture. Une grande partie du débit des rivières dans les régions montagneuses vient de l’eau de fonte et la disparition des glaciers devrait accroître les pénuries d’eau.

L’Office Météorologique britannique a indiqué ce mois-ci que la fonte des glaciers pourrait entraîner une baisse de 20% de la productivité agricole mondiale. »

Sur le Web :

Proceedings of the National Academy of Sciences

Glacier loss on Kilimanjaro continues unabated

L. G. Thompson, H. H. Brecher, E. Mosley-Thompson, D. R. Hardy and B. G. Mark.

The dramatic loss of Kilimanjaro’s ice cover has attracted global attention. The three remaining ice fields on the plateau and the slopes are both shrinking laterally and rapidly thinning. Summit ice cover (areal extent) decreased ≈1% per year from 1912 to 1953 and ≈2.5% per year from 1989 to 2007. Of the ice cover present in 1912, 85% has disappeared and 26% of that present in 2000 is now gone.

From 2000 to 2007 thinning (surface lowering) at the summits of the Northern and Southern Ice Fields was ≈1.9 and ≈5.1 m, respectively, which based on ice thicknesses at the summit drill sites in 2000 represents a thinning of ≈3.6% and ≈24%, respectively. Furtwängler Glacier thinned ≈50% at the drill site between 2000 and 2009.

Ice volume changes (2000-2007) calculated for two ice fields reveal that nearly equivalent ice volumes are now being lost to thinning and lateral shrinking. The relative importance of different climatological drivers remains an area of active inquiry, yet several points bear consideration.

Kilimanjaro’s ice loss is contemporaneous with widespread glacier retreat in mid to low latitudes. The Northern Ice Field has persisted at least 11,700 years and survived a widespread drought ≈4,200 years ago that lasted ≈300 years.

We present additional evidence that the combination of processes driving the current shrinking and thinning of Kilimanjaro’s ice fields is unique within an 11,700-year perspective. If current climatological conditions are sustained, the ice fields atop Kilimanjaro and on its flanks will likely disappear within several decades. »

(source: www.contreinfo.info )

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