déc 16

Le psychodrame de l’impasse climatique !

Cancun (négo climat)

Que fallait-il attendre du sommet de Cancùn ?

Rien.

Un enfant en bas âge spectateur de cette pièce de théâtre aurait dit : « le pestacle ». Et c’était un bien triste « pestacle » que ce sommet tenu sur l’estrade de la station balnéaire mexicaine.

Afin de dresser le tableau, il faut réaliser que les structures d’accueil, les transports routiers et aériens des participants, l’air conditionné, la lumière électrique et les systèmes de communications auront produit une empreinte (à minima) de près de 20 000 tonnes de CO2 pour ces douze jours de conférences onusiennes au bord de la mer des Caraïbes.

Ce fut beau, brillant et d’une grande aide pour réfléchir au moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre !

Ce dramatique spectacle s’est déroulé en douze actes journaliers retraçant l’ambiance particulièrement morose de la seizième convention cadre de l’ONU sur les changements climatiques (alias COP 16 pour Conference of Parties) et de la sixième conférence des parties du Protocole de Kyoto ( alias CMP 6 où travaillent les pays signataires).

(source 7sur7.be)
(source 7sur7.be)

La leçon du précédent sommet de Copenhague ayant été retenue, pour accéder au théâtre il fallait montrer patte blanche pour pouvoir franchir les barrages et points de contrôle placés des kilomètres avant le lieu des conférences. La société civile et ses manifestations ne devant en aucun cas troubler le bon déroulement des rencontres, l’encadrement militaire et policier de l’évènement fut d’une redoutable efficacité.

Ainsi ce théâtre de négociations ultra sécurisées à donc été une fois de plus la preuve et le témoignage d’une organisation pour le moins renfermée sur elle-même dévoilant au grand jour l’immaturité et le manque d’efficacité des tenants du système pour faire face aux désordres attendus du changement climatique. Majoritairement endoctrinés au Marché ils ne seront restés focalisé que sur la seule question : « Qui doit payer ? »

Logo-Sommet-Terre-Rio-1992_DR

Depuis le Sommet de la Terre (Rio 1992), seuls le conformisme au système et l’hystérie de consommation croissante déterminent socialement la destinée de l’humain. C’est affligeant !

Les négociateurs de l’ensemble des pays de notre planète demeurent  incapables d’établir un plan d’action immédiat et cohérent pour la protection de la biosphère, des habitats, pour la défense des Droits de la Nature et de l’Homme !

Pour sûr, grâce aux engagements de Kyoto (les instruments de marché et de fiscalité carbone pour tenter de réduire les gaz à effets de serre) les conférences de Copenhague et de Cancùn auront pu être tenues et la porte des négociations laissée ouverte. En fait grande ouverte, béante à tous les vents de la discorde car les tenants de la croissance infinie et du développement durable continuent à bâillonner l’intelligence collective en discréditant aussi souvent que possible l’avis des scientifiques du GIEC et en étouffant les alarmes des sentinelles écologiques de la société civile.

La situation est figée, c’est un véritable psychodrame où les positions des délégations ne changent quasiment pas.

Pas de changement de paradigme, ni de manières de consommer.

On améliore juste ce qu’il faut en matière de systèmes d’analyses et de suivi.

Et puis l’on fait quelques promesses financières avec de l’argent virtuel !

Les enjeux économiques de la doctrine dominante sont les même et censurent tout projet de justice sociale. Bientôt les réfugiés climatiques (des dizaines de millions d’humains) en quête d’un nouvel habitat vont se heurter aux sécurités nationales des États.

« Qui va payer ? »

« Quelle nationalité donnera-t-on à ces malheureux ? »

A ce sujet, les négociateurs auraient dû présenter la notion désormais nécessaire, salutaire et vitale de citoyenneté planétaire.

A ce sujet, ce sommet était le lieu idéal pour lancer le processus général d’identification à cette citoyenneté planétaire. Et ce faisant, les négociateurs auraient pu remettre en cause ce terrible déterminisme social qui conduit la société humaine.

Au lieu de cela, rien !

L’affaire du changement climatique reste dans le sac ficelé des grands argentiers. Nul ne répondra pour l’instant à ces questions.

Ouvrez le ban !(7sur7.be)

  • Le mode d’exploitation des ressources planétaires avec ou sans changement climatique doit continuer.
  • Les séquestrations et dégradations des écosystèmes, la torture du vivant et la disparition en constante augmentation des espèces n’ont pas d’importance.
  • De toute façon, les faits se déroulent depuis plus de dix ans. Il y a donc prescription.

Fermez le ban !

Les plénipotentiaires délégués ont salués le public, se sont serrés la main (il s’agit de rester bons amis) ont botté en touche, applaudissements, rideau. Pour la présidence mexicaine de la conférence, c’est «une nouvelle ère dans la coopération internationale pour le changement climatique» qui s’ouvre avec l’accord de Cancún.  Vraiment ?

Ne vaudrait-il pas mieux l’ère planétaire, celle de l’union ?

Toujours est-il que l’on remet (une fois de plus) à plus tard.

Le processus onusien sur le climat est sauvé, le « pestacle » continue.

Après tout et quoiqu’il arrive, les cycles planétaires d’extinctions d’espèces suivent leurs cours…

Les temps premiers...Sao Miguel 2010

« Life goes on ! », n’est-il-pas ?

Y.B.

Ce qu’il faut savoir :

La Conférence des Nations Unies sur l’Environnement humain (CNUEH-Stockholm 1972) a donné naissance au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) considéré comme le premier Sommet de La Terre.

Depuis, les chefs de gouvernement du monde entier se réunissent tous les 10 ans lors d’une grande conférence. Ils y décident les grandes orientations à mettre en place pour maintenir la doctrine économique néolibérale associée à son modèle imposé d’exploitation et de développement durable.

Il va sans dire qu’à ce jour la méfiance persiste entre États du nord et États du sud, d’occident et d’orient.

Les engagements pris quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre sont toujours insuffisants pour réduire les émissions et tenter de freiner l’augmentation de la température à la surface du globe.


Nairobi (1982), Rio de Janeiro (1992), Johannesburg (2002) en ont été la preuve.

Le prochain Sommet se tiendra à nouveau à Rio de Janeiro, en 2012.
Les gaz à effet de serre peuvent bouleverser le climat durant 100 000 ans. Une mise en garde (novembre 2010) de la Société de Géologie de Londres (version originale).
Positionnement politique de la France à la négociation climatique mondiale.

Une réponse pour “Cancùn, le cul de sac !”

  1. Mestengo dit :

    Bonjour!

    Tellement bien décrit qu’on ne peut rien ajouter…

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