jan 26

Cybèle

ô toi, que l’Antiquité nomma la mère des dieux, Cybèle, Terre ; qui soutient mon existence fugitive, inspire moi, au fond de quelque grotte ignorée, le même esprit qui dévoilait les temps à tes anciens oracles.

C’est pour toi que le soleil brille, que les vents soufflent, que les fleuves et les mers circulent; c’est toi que les heures, les zéphirs et les néréides parent à l’envie de couronnes de lumières, de guirlandes de fleurs et de ceintures azurées; c’est à toi que tout ce qui respire suspend la lampe de la vie. Mère commune des êtres, tous se réunissent autour de toi ; éléments, végétaux, animaux, tous s’attachent à ton sein maternel comme tes enfants.

L’astre des nuits lui-même t’environne sans cesse de sa pâle lumière. Toi seule, au milieu de ces grands mouvements, présentes l’exemple de la constance aux humains inconstants.

Ce n’est ni dans les champs de la lumière, ni dans ceux de l’air et des eaux, mais dans tes flancs qu’ils fondent leur fortune et qu’ils trouvent un éternel repos. ô Terre, berceau et tombeau de tous les êtres, en attendant que tu accordes un point stable à ma cendre, découvre moi les richesses de ton sein, les formes ravissantes de tes vallées et tes monts inaccessibles d’où s’écoulent les fleuves et les mers, jusqu’à ce que mon âme dégagée du poids de son corps s’envole vers le soleil, où tu puises toi-même une vie immortelle.

Julien de Cerval

(Version italienne)

Cybela

O tu, que l’Antichità chiami la madre dei Dei, Cybela, terra, laqualle sostane la mia fuggitiva esistanza, inspira me del fondo di qualche ignorata grotta, il medesimo spirito che svelava i tempi ai tuoi tuoi Antichi oracoli!

E per te che il sole brilla, che i venti soffiano, che i fiumi e i mari circolano ; è te che le ore, i zeffiri e le Nereide ornano al desiderio con delle corone di lume, di guirlande di fiore e delle cinture azzurriccie ; è a te tutto ciò che respira sospenda la lampada della vita.

Madre comune degli esseri, tutti si riuniscono intorno di te : elementi, vegetali, animali, tutti si fissano al tuo seno materno come tuoi fanciulli.

L’astro delle notti lui stesso si attornia incessantemente col suo palido lume.

Te sole nel mezzo di questi grandi movimenti, presenti l’esempio della costanza agli umani incostanti.

Non è ne nei campi della lume, ne in quelli dell’aere e dell acque, ma nei tuoi fianci, che fondano la lora fortuna e che trovano un eterno riposo.

O terra, culla e sopoltura di tutti i esseri aspettando che tu concedi un luogo stabile a la mia cenere, scopri mi le ricchezze del tuo seno, le forme meravigliose delle tue valli, e dei tuoi monti inaccessibili dei quali si dileguano i fiumi e i mari, finchè la mia anima distaccata dal peso del suo corpo volerà verso il sole, dove tu assugni una eterna vita.

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