avr 17

Juge et partie dans cette guerre extérieure ?
A l’heure où sont imposées d’importantes restrictions sociales et économiques dans la zone occidentale les guerres civiles s’installent et se propagent (de façon ciblée) dans certaines dictatures pétrolières ou esclavagistes de la zone moyen-orientale.
De plus, l’on constate que le soutien des populations qui aspirent à la liberté et à la démocratie est à géométrie variable car d’importants intérêts énergétiques et géostratégiques sont en jeu !
Avril 2011, une guerre extérieure dite pour les Droits de l’homme est menée en Libye.
C’est une guerre qui finance et veut imposer dans ce pays la démocratie par les armes.
Rony Brauman, une grande figure de l’humanitaire, s’insurge contre cette guerre affirmée comme légale.
Il l’estime illégitime car comme toute guerre morale celle-ci risque fort de s’inscrire durablement dans ce pays méditerranéen et de n’en jamais finir…

Y.B.

Théodore Monod humaniste et pacifiste restera l’une des grandes consciences de notre époque. Son amour inconditionnel de la vie lui faisait prendre courageusement position contre la guerre et les dommages faits par ses semblables à la nature.
Il s’était exprimé lors de la guerre du Golfe. Voici son témoignage :

Guerre

« Je me demande si l’homme est intelligent. Pour inventer des mécanismes, oui. Depuis  deux mille ans, je ne vois pas de progrès moral. Il y à eu des progrès matériels considérables, malheureusement très souvent dans la direction la plus mauvaise. S’il s’agit de perfectionner des instruments de mort, de destruction, l’homme est très fort et çà l’amuse beaucoup, dirait-on : il fait cela avec gourmandise.
C’est peut-être un cas de folie, tout simplement !
Il y a un proverbe latin bien connu : Quos vult perdere Jupiter dementat (ceux dont Jupiter a décidé la perte, il les précipite dans la folie). Or, ce que nous faisons est démentiel ! Recourir à la guerre en 1991 après l’avoir expérimentée  depuis des milliers d’années et après avoir constaté les résultats auxquels on arrivait, c’est complètement fou !
Il faut essayer la paix, changer de système !
Les militaires répètent tout le temps un dicton romain. Stupidement :  Si vis pacem para bellum (si tu veux la paix, prépare la guerre).
Le vrai dicton est : Si vis pacem, para pacem ! Il faudrait enfin proposer la paix, transformer le ministre de la Guerre en ministre de la Paix pour commencer courageusement le désarmement !
Après le temps des cavernes, il faut sortir de l’âge des casernes ! »

(J’ai Lu éditions/Théodore Monod/Dictionnaire humaniste et pacifiste)

avr 17

Ô ma patrie, belle et perdue !

Quel plus bel exemple de ce que serait le patriotisme planétaire que celui donné par cette communauté d’émotion spontanée et fraternelle à l’opéra de Rome le 12 mars 2011 !
Un grand rendez-vous car le chant des esclaves de Nabucco était repris en chœur par tous les artistes et spectateurs.
L’opéra retentissait d’une puissante et vibrante clameur venant de tous les cœurs.
Ce chant des esclaves de l’Opéra de Verdi ravivait avec force le désir de liberté et de justice pour l’Italie et pour tous les citoyens planétaires qui l’habitent.
Plus que jamais, la culture (et ses différents modes d’expressions) reste le rempart contre la domination et l’oppression.
Elle est la principale source de communion face à la misère morale et sociale qui se développe et s’installe partout sur la Terre.
Elle ouvre aux sentiments, elle rassemble, unie et montre toujours la voie de l’alternative politique possible.
Bravo !

Y.B.

Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 – époque où l’opéra fut écrit – était opprimé par l’empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu’à la création de l’Italie unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…

Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d’orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s’est produit :

[Après que les appels pour un « bis » du « Va Pensiero » se soient tus, on entend dans le public : « Longue vie à l’Italie !« ]

Le chef d’orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d’accord avec ça, « Longue vie à l’Italie » mais…

[applaudissements]

Muti
: Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’acquiesce à votre demande de bis pour le « Va Pensiero » à nouveau. Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait « O mon pays, beau et perdu« , j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’histoire de l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment « belle et perdue« .

[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

Muti
: Depuis que règne par ici un « climat italien », moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant… nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »

(source: Agoravox/jeudi 31 mars – par Roosevelt_vs_Keynes)

avr 17
Prophétie

« Novus-ordo-seclorum » la fameuse formule latine inscrite sur le billet de 1 dollar définit le nouvel ordre mondial. Les anglophones le nomment le NWO (New World Order). Il est le « Marché » et la « Mondialisation ». Il est à la conquête du globe !
Bientôt le citoyen ordinaire sera lui aussi totalement contrôlé via les informations données par des milliards de puces informatiques et communiquées à une unité centrale pilotant l’immense réseau planétaire. Cette unité centrale traitera et analysera en permanence les informations délivrées par les fichiers informatiques, téléphones portables, l’internet, l’association de la carte de crédit et du code barre, la carte d’identité et le passeport biométrique, les puces RFID (vêtements, équipements, carrosseries de voitures et même le corps), les équipements de géo positionnement, les réseaux d’écoute de type Échelon et, pour clore la liste, les caméras de surveillance.
Cette surveillance et auto-surveillance des citoyens (formatés par la peur à accepter leur servitude au système) permettront probablement la pénalisation des intentions et aspirations citoyennes voire d’emprisonner des personnes pour leur opinion ou leur idéal démocratique.
Ainsi, lorsque les citoyens ne seront plus reliés par un idéal politique commun, il ne restera alors plus qu’une gouvernance des règles et de la surveillance qu’instaure progressivement le nouvel ordre mondial, présenté de plus en plus comme la future « gouvernance mondiale » !
Son fer de lance, la « démocratie de marché », pourfend l’idéal de communauté politique démocratique bienveillant et solidaire des citoyens qui espèrent une économie du don et du bon sens planétaire (la fameuse écologonomie). Cependant, cet idéal démocratique ne peut être efficace qu’à grande échelle, à l’échelle de la planète ! Sans résistance à cette poussée du « Marché » et sans prise de conscience de la nécessaire défense des droits de l’homme et de la vie sur Terre face à l’inhumanité qui se développe, nous risquons fort d’assister à l’introduction de cette gouvernance mondiale par la guerre !
Celle-ci, en effet, renait de ses cendres et s’étend partout sur la Terre. La tendance lourde d’accaparation des énergies de stock s’accroit, la tension moyen-orientale en est la désolante démonstration. Et c’est sous le parapluie de la dissuasion nucléaire que la guerre, faite avec des armes conventionnelles, s’installe durablement. Les entremetteurs institutionnels et les affairistes de l’armement (sans oublier ceux du nucléaire dit « civil » pour les bombes dites « sales »!) ont savamment œuvré. Les armureries des États (démocratiques ou dictatoriaux) ainsi que celles des sociétés privées vendant les services de néo-mercenaires regorgent d’équipements de la mort! Point d’orgue, les missiles balistiques portant le choc et/ou la contamination radioactive sur de longues distances sont astiqués maladivement par des responsables politiques crispés aux commandes et en désaccord les uns avec les autres…pendant ce temps, les satellites militaires de surveillance effectuent leur danse macabre, ils tournent autour de la planète, traquent et observent.
Sur Terre, l’égoïsme domine. Il a fait son lit de l’incompréhension et de la compétition, s’est couvert de violences, de haine, de souffrance, de misère et de chaos. Il ignore la pauvreté, la faim, l’injustice et l’inégalité face au changement climatique en cours. Après moi le déluge semble la règle d’or!
Pourquoi l’humanité prend-t-elle cette orientation ?
Pourquoi faudrait-il passer à nouveau par la diminution (programmée ou non) de la population mondiale et son contrôle?
Pour garantir, par le NWO, la survie d’une minorité affairiste et riche et son emprise sur la multitude ?
Du chaos qui vient, sortira l’effondrement social. On peut encore l’éviter par l’idéal politique et démocratique planétaire.
L’union planétaire, c’est pourtant simple!
Il est encore temps…
Y.B.

Pour y réfléchir, une vidéo dans l’air du net…

No No No

avr 14

Le sort commun de l’humanité !

Le chef indien répond à la demande de vendre ses terres aux blancs et de s’installer avec les siens dans une réserve.Il prononça ce discours au représentant du gouvernement fédéral en 1854.
Citation:
Le ciel au-dessus de nos têtes, qui a pleuré des larmes de compassion sur mon peuple pendant des siècles et des siècles, qui nous paraît immuable et éternel, est soumis au changement. Aujourd’hui, il est clair, demain il sera peut-être couvert de nuages.
Le grand chef à Washington nous a envoyés un message disant qu’il veut acheter notre terre ! Il nous envoie également des paroles d’amitié et de bonne volonté. C’est très gentil de sa part car nous savons qu’il n’a guère besoin de la notre, d’amitié. Il n’empêche que nous allons examiner son offre car nous savons que si nous n’acceptons pas de vendre, l’Homme Blanc peut venir avec des fusils et prendre notre terre. Son peuple est innombrable, il est comme l’herbe qui recouvre les grandes prairies. Mon peuple est peu nombreux, il ressemble aux arbres épars d’une plaine balayée par la tempête. Nous souhaitons aujourd’hui que les hostilités entre nous ne puissent jamais être ré ouvertes. Nous aurions tout à y perdre. Le grand chef blanc nous fait savoir qu’il souhaite acheter notre terre mais qu’il désire nous en laisser assez pour que nous puissions vivre confortablement.
Comment ? Comment peut-on acheter ou vendre la voûte du ciel, la chaleur de la terre ? Cette idée nous semble étrange : la fraîcheur de l’air et le scintillement de l’eau ne nous appartenant pas, comment pouvez-vous nous les acheter ?Chaque parcelle de cette terre est sacrée aux yeux de mon peuple, chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière ou chaque bourdonnement d’insecte sont sacrés dans la mémoire de mon peuple. La sève qui court à travers les arbres charrie les souvenirs de l’Homme Rouge. Les cendres de nos pères sont sacrées, leurs tombeaux sont terres saintes pour nous. Vous errez loin des tombes des vôtres, sans regrets.
Votre religion a été écrite sur des tables de pierre, afin de ne pas l’oublier. L’homme rouge n’a jamais pu ni la comprendre, ni s’en souvenir. Notre religion est faite des traditions de nos ancêtres, elle est inscrite dans le cœur de mon peuple. Ainsi les collines, les arbres et chaque poignée de notre terre nous sont sacrés. Les morts des blancs oublient le pays de leur naissance dès qu’ils s’en vont se promener parmi les étoiles. Nos morts à nous n’oublient jamais cette terre magnifique, ils continuent de l’aimer et brûlent d’une affection tendre et indulgente pour les vivants au cœur solitaire qu’ils reviennent souvent visiter pour les guider, les consoler et les réconforter.
Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous.
Les fleurs parfumées sont nos sœurs. Le cerf, le cheval et l’aigle sont nos frères. Les crêtes rocheuses, la rosée dans les prés, la chaleur du poney et l’homme, tous appartiennent à la même famille. Le grand chef à Washington nous demande donc beaucoup en voulant acheter notre terre. Il nous dit qu’il nous réserve un endroit où nous pourrons vivre confortablement parmi les nôtres, il sera notre père et nous seront ses enfants. Mais cela peut-il se produire un jour ?
Votre dieu n’est pas notre dieu. Votre dieu aime votre peuple et hait le mien, il a abandonné ses enfants rouges, pour peu qu’ils soient aussi ses enfants. Notre dieu, le grand mystère, semble lui aussi nous avoir oubliés. L’Homme Rouge n’a cessé de reculer devant l’Homme Blanc ; pareil à la brume, qui sur la montagne fuit devant le soleil du matin. Bientôt votre peuple s’étendra sur toute cette terre, le nôtre ne cesse de diminuer. Le dieu de l’homme blanc ne doit pas aimer notre peuple, sinon il le protègerait. Comment, dans ce cas, serions-nous frères ? Comment votre dieu pourrait-il devenir le nôtre, nous rendre la prospérité et les rêves de grandeur ? Non, nous sommes deux races distinctes, avec des origines et des destins différents. Il y a peu de choses en commun entre nos peuples. Nous allons examiner votre offre d’acheter notre terre, mais cela ne sera pas facile car cette terre nous est sacrée.
L’eau étincelante qui court dans les torrents et les rivières n’est pas juste de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous souvenir qu’elle est sacrée et que chaque reflet de l’eau limpide des lacs parle des évènements et des traditions qui ont marqué la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père. Les rivières sont nos sœurs, elles étanchent notre soif, elles portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, il faudra vous souvenir et enseigner à vos enfants que les rivières sont vos sœurs, à qui vous devez donner la tendresse que l’on accorde à toute sœur.
Nous voyons bien que l’Homme Blanc ne comprend pas notre façon de vivre. Pour lui, un lopin de terre en vaut un autre, il est pareil à l’étranger qui se glisse dans la nuit pour voler à la terre ce qu’il désire. Pour lui, le sol n’est pas un frère mais son adversaire, et dès qu’il l’a asservie, il va plus loin. Il abandonne derrière lui la tombe de son père et n’en a cure. Il vole la terre à ses enfants et s’en moque. Les tombeaux de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oublie. Il traite sa mère la terre et son frère le ciel comme des choses pillables, corvéables et vendables au même titre qu’un mouton ou de la verroterie. Son appétit dévorera le monde, ne laissant derrière lui qu’un désert.
Je ne sais pas !
Notre chemin est trop différent du votre. Le spectacle de vos villes blesse les yeux de l’homme rouge. Peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et que je ne comprends pas… Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Nul part on ne peut écouter bruire le feuillage du printemps ou le froissement d’ailes des insectes. Peut-être le vacarme de la ville offensent-ils mes oreilles parce que je suis un sauvage et que je ne comprends pas. Mais que vaut la vie quand l’homme ne peut plus entendre le cri solitaire d’un engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang, la nuit ?
Je suis un homme rouge et je ne comprends pas : l’Indien préfère le bruit subtil du vent qui ride la surface d’un étang et l’odeur du vent purifié par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon. L’air est précieux à l’homme rouge, car il sait que toute chose partage le même souffle. La bête, l’arbre, l’homme partagent tous le même souffle. L’homme blanc ne semble pas remarqué l’air qu’il respire. Comme un homme agonisant depuis de longs jours, son odorat semble engourdi par sa propre puanteur. Mais si nous vous vendons nos terres, vous devez savoir que l’air nous est précieux, et qu’il partage son âme entre toutes les vies qu’il porte. Le vent qui a donné son premier souffle à notre grand-père a recueilli aussi son dernier soupir, et il doit donner l’esprit de la vie à nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, il faudra que vous la gardiez à part, sacrée, comme un lieu où même l’homme blanc pourra goûter le vent adouci par les fleurs des prés.
Donc, nous allons examiner votre offre d’acheter notre terre, mais si nous décidons d’accepter, je poserais une condition, que l’homme blanc traite désormais les animaux de cette terre comme ses frères. Je suis un sauvage et je ne comprends pas d’autre règle. J’ai vu mille bisons pourrir sur la prairie, abandonnés là par l’homme blanc qui les avait abattus au fusil par les fenêtres d’un train en marche. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment le cheval d’acier fumant peut-être plus important qu’un bison que nous ne tuons que pour subsister.
Qu’est-ce que l’homme sans les animaux ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourait d’une grande solitude de l’âme, car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes les choses sont liées. Il faut apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos ancêtres. Afin qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants que le sol est riche des vies de notre peuple. Apprenez à vos enfants ce que nous avons toujours appris aux nôtres, que la terre est notre mère et que ce qui advient à la terre, advient aux fils de la terre.
Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.
Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme, mais l’homme appartient à la terre. Ceci nous le savons.
Toutes les choses se tiennent, comme liées par le sang qui unit une même famille. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie, il en est seulement un fil. Les dégâts qu’il fait à la trame, c’est à lui-même qu’il les fait.
Mais nous allons examiner votre offre d’aller dans la réserve que vous avez prévu pour mon peuple. Nous irons y vivre à l’écart, en paix. Peu importe d’ailleurs où nous passerons le reste de notre vie. Nos enfants ont vu humilier leurs pères vaincus, nos guerriers ont ressenti la honte et depuis la défaite ils passent leurs temps à paresser, contaminant leurs corps avec des mets sucrés et des boissons alcoolisées. Peu importe où nous finirons nos jours, il n’en reste que bien peu. La nuit de l’Indien promet d’être sombre. Pas une seule étoile d’espoir ne brille à l’horizon, les vents aux accents funèbres gémissent au loin. Quelques heures de plus, quelques hivers de plus, et aucun des fils des grandes tribus qui ont vécu sur cette terre et qui errent aujourd’hui par petites bandes dans les bois, ne resteront pour se lamenter sur le souvenir d’un peuple autrefois aussi puissant et plein d’espoir que le vôtre .
Pourquoi d’ailleurs, pourquoi devrais-je pleurer la fin de mon peuple ? Une tribu suit l’autre, une nation succède l’autre, comme les vagues de l’océan. Telle est la loi de la nature et tout regret paraît inutile. Le temps de votre chute est peut être encore lointain, mais il viendra sûrement. Même l’homme blanc dont le dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensembles ne peut échapper au sort commun. Nous serons peut-être frères après tout, nous verrons bien.
Nous savons en tout cas ceci, et l’homme blanc le découvrira peut-être un jour. Le grand mystère est le même pour tous. Vous pouvez croire aujourd’hui qu’il est votre propriété exclusive, comme vous voulez que la terre soit votre propriété, mais ce n’est pas possible. Il est le grand mystère et sa bonté envers l’homme rouge ou blanc est la même. Cette terre, ce monde lui sont précieux, et nuire à la terre, c’est mépriser son créateur. Les blancs aussi disparaîtront, peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Continuez à contaminer votre vie et un jour vous suffoquerez dans vos propres déjections. Mais en mourant, vous brillerez avec l’éclat du pouvoir qui vous a amenez sur cette terre, et qui pour des raisons inconnues vous permet de dominer cette terre et l’homme rouge.
Ceci est un mystère pour nous, nous ne comprenons plus rien, lorsque nous voyons les bisons assassinés, les derniers chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt salies par l’odeur de trop nombreux hommes et la douce courbe des collines souillées par des fils qui parlent.
Où est le bosquet ? Disparu.
Où est l’aigle ? Disparu.
Et que signifie l’adieu au cheval rapide et à la chasse ?
La fin de la vie et le début de la survivance.
Nous allons examiner votre offre d’acheter notre terre. Si nous acceptons, ce sera pour obtenir de vous la réserve que vous nous avez promise. Là, peut-être, nous pourrons terminer notre brève existence comme il nous plaira. Quand le dernier homme rouge aura disparue de cette terre et que son souvenir ne sera plus que l’ombre d’un nuage courant sur la prairie, ses rives et ses forêts retiendront encore les esprits de mon peuple car mon peuple aime cette terre comme le nouveau-né aime les battements du cœur de sa mère. Les rivages grouilleront des morts invisibles de ma tribu, et lorsque les enfants de vos enfants se croiront seuls dans les champs, ils ne le seront pas. Sur toute la terre, il n’y a pas d’endroit ou la solitude soit possible. La nuit, quand les rues de vos villes seront silencieuses et que vous les croirez désertes, elles seront pleines de la foule des revenants qui occupaient autrefois cette belle contrée et qui continuent de l’aimer. L’homme blanc ne sera jamais seul. Qu’il soit juste et qu’il traite mon peuple avec égard, car les morts ne sont pas dénués de pouvoir. Les morts, ais-je dis ? Il n’y a pas de mort. Seulement un changement de formes.
Alors si nous vous vendons cette terre, aimez là, aimez là comme nous l’avons aimée. Soignez là bien comme nous l’avons soignée. Gardez présente à vos yeux l’image de cette terre quand vous l’avez prise, et de toutes vos forces et de tout votre esprit, de tout votre cœur, protégez là pour vos enfants, aimez là comme le grand mystère nous aime tous. Nous sommes surs d’une chose : notre dieu est le même que le vôtre. Ce monde lui est cher, et même l’homme blanc ne peut échapper au sort commun.
Peut-être, peut-être serons-nous frères, après tout…
Nous verrons.

« Quand il fut prononcé en 1854, ce discours d’un chef indien connut diverses traductions par des missionnaires et par des militaires. Il s’en suivit deux formes de censures, l’une religieuse, l’autre stratégique.
Notre travail fut de réunir six versions différentes de ce célèbre discours, de les confronter et de tenter d’en sortir un texte qui puisse être un reflet de l’original. Toutes vos remarques seront donc les bienvenues pour continuer ce travail. »
(Source :http://editiondupetitbois.sanspubs.com)

…voilà donc une parole pleine de bon sens et une fin de discours emblématique.
Aujourd’hui, en 2011, la défense de la Terre est plus que jamais nécessaire. Mais le discours officiel (que l’on dit écologique) ne traite que du développement durable. Il est en fait inféodé à la dictature économique.
Productivisme et consumérisme sont devenus les nouvelles croyances et la Terre, notre terre, emprisonnée sous une cloche de radiations et fréquences électromagnétiques, ne survit plus qu’avec des intrants chimiques issus du pétrole.
Le pouvoir industriel à coupé nos racines avec la nature, les populations marchandent désormais leur santé et leur survie alimentaire.
Les tenants de l’énergie, des semences, des engrais chimiques et pesticides, de la pharmacie et des nouvelles technologies de communication ont les mains pleines de pétrodollars.
La confiscation des terres continue. Rien n’a changé depuis le discours de Seattle.
Au contraire, tout c’est aggravé !
La principale différence entre hier et aujourd’hui, c’est que nos problèmes sont devenus d’envergure planétaire.
Ainsi, avoir fait le choix du développement durable pour poursuivre coûte que coûte les activités économiques revient à soigner un cancer. C’est aujourd’hui la maladie dont souffre notre planète. La Terre, les animaux, les végétaux et l’humanité sont malades des pollutions électromagnétiques, agrochimiques, pétrolières et nucléaires.
La fièvre s’installe, la température monte et le bouleversement climatique (dont on commence à s’inquiéter) est irréversible.
La menace est généralisée. Seattle s’en doutait. Le danger vient du mal productiviste que nous avons infligé à la Terre et sa biosphère. Nous en sommes pourtant partie intégrante !
A présent, l’humanité et la planète affrontent un danger mortel qui ne peut plus être évité.
La suite de l’histoire…l’écologonomie ?

Y.B.

Cherokee Morning Song (A beautiful Native American song)

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avr 10

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Galère !

Demain, qui gouvernera le monde ?
Confronté à l’incertitude sur l’avenir, la souffrance, la perte de repères, et le désespoir, les citoyens sont désorientés car enchainés lourdement à un système qu’ils pensent ne pouvoir changer.
A force rames, la galère sociale emporte jeunes et vieux, femmes et hommes, loin des rives où il fait bon vivre ensemble.
Le capitalisme rythme la cadence d’une récession qui fait de terribles ravages au sein de la société planétaire. Dans l’inquiétant engrenage néolibéral, la conjoncture économique devient favorable aux replis nationalistes.
Alors, contrainte et forcée, l’humanité angoisse et les populations se paralysent face à la barbarie qui vient.
Les citoyens, prisonniers impassibles, n’arrivent plus à trouver les ressources nécessaires pour vaincre cette fatalité.
Parce qu’ils ne veulent plus prendre de nouveau départ, parce qu’ils ne veulent plus se libérer de leurs chaines, parce qu’ils ne veulent plus voir.
Ce faisant, cette servitude volontaire aggrave leur situation et les condamne à la précarité, la misère, la solitude et l’esclavagisme !
Il ne sera bientôt plus permis aux miséreux de la Terre (pauvres, cassés et fragilisés) de se reconstruire librement. D’imaginer un autre monde possible.
Du reste, il n’est que de constater le changement de perspective affiché par les élites dites représentatives qui jour après jour claironnent que gouverner le monde devient la priorité.
Une gouvernance mondiale mais sans l’union citoyenne planétaire.
Une gouvernance mondiale sans solidarité, sans altruisme, sans décisions équilibrées faisant appel à la participation collective, sans responsabilités partagées et assumées, sans redistribution gratuite, équitable et sage des ressources disponibles, sans générosité, sans bonté, sans écoute des aspirations fraternelles et pacifiques au bonheur.
D’ores et déjà, les mesures envisagées pour rassembler les démocraties planétaires et les contrôler relèvent de la totale disharmonie. Et pour cause, seul un petit groupe (une synarchie) issu de l’oligarchie dominante se propose de définir la future règle de Droit planétaire.
Le rêve des institutions financières internationales devient réalité.
Prochainement, pour éviter la catastrophe qui vient, il sera annoncé la tenue des États généraux de la planète. Mais il sera soigneusement caché que la catastrophe qu’il faut redouter est la conséquence directe de l’asservissement progressif des sociétés humaines par les multinationales légales et criminelles du Marché associé au détournement systématique de la vocation des organisations mondiales à protéger la vie, l’harmonie, le bien-être et la justice sur Terre.
L’argent, l’intérêt financier et le profit doivent développer durablement leur emprise sur l’espèce humaine. Il ne sera donc pas question d’un Droit planétaire des citoyens planétaires pour les citoyens planétaires.
Le nouvel ordre mondial se met en place et cela ressemble décidément plus à une dictature qu’à un monde idéal gouverné par l’amour, la conscience et la lumière.
Malgré l’apathie politique, il est encore temps de réagir !
Plutôt que de rester dans la galère, soumis et enchainés, levez-vous et prenons ensemble la barre pour une Union Planétaire.
Prendre conscience, s’unir et réfléchir intelligemment sur les causes de cette situation permettra d’élaborer un nouveau projet de société soutenable, juste et souhaitable. Il faut éviter d’en arriver au stade des révoltes où ceux qui n’ont plus rien et ceux qui vont perdre s’allient contre le système. Les actions sont alors violentes par réciprocité.
Il faut privilégier l’union pacifique et solidaire pour un projet de gouvernance planétaire citoyen, fraternel et respectueux de la vie.
Une tempête culturelle et politique s’annonce.
Citoyens planétaires, réveillez-vous, le cap est à tenir !

Y.B.

La lutte commence pour le maximum de bonheur de tous les citoyens planétaires…

Il faut préparer la Terre pour pour 10 milliards d’humains !

Discours d’Albert Jacquard lors du forum des » sans », en France au Centre Beaubourg, en 1995 !