juin 02

Jusqu’à présent, les centaines d’exoplanètes répertoriées étaient soit trop chaudes soit trop froides, stériles, gazeuses ou dotées d’une atmosphère incompatible pour notre espèce.  Or, en scrutant dans la zone de vie d’un soleil lointain, Gliese 581, une équipe française du CNRS et de l’Institut Pierre-Simon Laplace (travaux publiés dans « The astrophysical Journal Letters« ) vient de démontrer que sur l’une des planètes (pour l’instant nommée Gliese 581 d) de ce système, nous pourrions rencontrer des conditions de vie assez proches de celles que nous connaissons sur la Terre.

Voici donc une autre planète bleue potentielle située dans la constellation de la Balance à la bagatelle de 20,3 années-lumière !

Il est donc sérieusement envisagé d’entreprendre le voyage vers cette Terra incognita sur laquelle existent très certainement des formes de vies similaires et compatibles avec celles que nous connaissons.

Nous pourrions vraisemblablement y vivre !

Mais plutôt que de laisser une Terre pillée, polluée et dévastée derrière nous, peut-être ferions-nous mieux de réaliser l’Union Planétaire afin d’établir un modèle d’expansion humaine plus raisonnable, plus respectueux et plus fiable.

Un modèle social biosphérique exemplaire à suivre pour toute société planétaire en devenir, sur chacune des futures planètes que l’espèce humaine serait susceptible d’habiter…

Y.B.

Vidéo de présentation du voyage vers le système stellaire Gliese 581 :


Vidéo de présentation de la planète Gliza ( Gliese 581d) :


Gliese 581 est une étoile naine rouge possédant un cortège de planètes.
Située à 20,3 années-lumière de la terre « seulement », on y a déjà repéré, entre autres, des petites planètes rocheuses, ce qui est un bon début.
Mais toutes les conditions n’étaient pas réunies pour faire de ces candidates des nouvelles terres.
Cette planète au diamètre estimé d’environ 1 fois et demie celui de la terre gravite autour de son soleil à une distance 14 fois inférieure à celle qui nous sépare de notre astre tutélaire.
Mais comme son soleil émet bien moins de radiations, sa température au sol varie de zéro à 40 ° C. On y a détecté du carbone, de l’eau en grande quantité, de la vapeur d’eau partout laissant augurer des océans et des phénomènes atmosphériques liés à l’évaporation. Son atmosphère brasse d’importants volumes d’oxygène, d’hydrogène et de carbone.
Cerise sur le gâteau, cette petite planète tourne par rapport à nous de telle façon qu’elle passe régulièrement devant ou derrière son étoile pendant quelques heures tous les trois jours et demi, ce qui permet d’effectuer de nombreuses observations sur ses caractéristiques générales et sur son atmosphère.

En 2050, c’est-à-dire demain, on aura des photos précises !

La 581 d a été découverte grâce au spectromètre HARPS opérant depuis un des télescopes de l’Observatoire spatial européen installé à La Silla au Chili.
Très précis, cet instrument a permis de détecter ces petites planètes avec la méthode des vitesses radiales : celles-ci trahissant leur présence par les variations qu’elles produisent sur les vitesses de déplacement de leur étoile.
Pour le moment, on effectue depuis les observatoires spatiaux des analyses fines des émissions spectrales représentatives de la composition des exoplanètes et de leur atmosphère. Et on essaie de modéliser des interactions atmosphériques en fonction de ce que nous savons de la terre mais aussi des grosses planètes à atmosphère dense.
Ainsi étudie-t-on la diffusion rayleigh, ce phénomène qui donne à notre ciel sa couleur bleue, tout en limitant le réchauffement excessif car une partie importante du rayonnement « bleu » est réfléchi dans l’espace.
La chaleur restante, si l’atmosphère s’y prête, peut pénétrer jusqu’au sol et chauffer la planète, permettant la circulation atmosphérique des masses d’air et de vapeur d’eau tout autour de la planète. Il semblerait que ces deux conditions idéales soient réunies sur 581 d.
Mais il existe un projet beaucoup plus ambitieux : le Redundant Linear Array mitonné par la NASA. C’est un télescope spatial interférométrique qui devrait permettre dès 2020 de voir des détails de l’ordre de 100 m sur des exoplanètes proches, jusqu’à 10 années lumière… Avec pour l’horizon 2050, une finesse permettant de photographier des détails de la masse d’un camion sur une planète comme « notre » Gliese 581 d.

Et en 2100, on ira voir !

Ce n’est ni de la S.F ni de la dépense spéculative inutile.
Dans un siècle, il y a fort à parier que notre planète aura fini d’épuiser ses ressources naturelles, et en outre elle sera surpeuplée, très polluée chimiquement et irradiée au point d’en devenir inhabitable. L’homme devrait aller s’installer ailleurs… Et d’ici là, on peut imaginer qu’on aura découvert à distance raisonnable (50 A-L) d’autres terres, peut-être plus avenantes que Gliese 581 d.
Sera-ce vraiment accessible et pour qui ? Dans les 100 ans à venir, il est peu probable qu’on mette au point la navigation subspatiale et la téléportation par des trous de vers.
Restons-en donc aux données établies de la physique quantique.
300.000 Km/seconde dans le vide est la vitesse de la lumière qu’on ne peut dépasser faute d’atteindre une masse infinie. Au delà, c’est une autre physique que nous sommes pour le moment incapables de concevoir. Mais rien n’empêche d’approcher le seuil fatidique à 90%.
Des propulseurs nucléaires à plasma (qu’on sait faire et qu’il suffirait de perfectionner) ou toute autre technologie à inventer, permettraient une accélération continue jusqu’à atteindre 280.000 Km/seconde.
Compte tenu du temps d’accélération et de décélération, le voyage durerait environ 26 ans. Mais à cette vitesse là, le temps ne s’écoule plus de la même façon.
48 heures sur terre correspondraient à environ une demi-heure pour les voyageurs.
Donc 48 h = 2880 ‘ / 30 = coefficient 96.
26 ans = 9490 jours / 96 = 98.
Au niveau du ressenti des voyageurs, le voyage durerait environ 3 mois.
Bien sur, s’ils revenaient après une exploration d’un an, il se serait écoulé plus d’un demi-siècle sur terre. Mais quel intérêt de retrouver un monde à l’agonie ?
Ce sera « one way ticket » surtout si on sait ce qu’on laisse et si on est à peu près sûr de ce qu’on va trouver.

Christian Navis

(Source : http://wikistrike.over-blog.com/article-une-autre-planete-bleue-a-20-annees-lumiere-gliese-581d-serait-habitable-74688661.html)

juin 02

L’absence de la France et de l’Europe dans le débat allemand sur l’énergie révèle l’emprise des nucléocrates sur les populations et leur contrôle de l’économie mondiale. L' Europe nucléaire
Plus que jamais, l’oligarchie nucléocrate use de mots et d’expressions suffisamment laconiques pour manipuler l’opinion publique et contrer les alerteurs de ladite opinion.
Telle une chape de plomb posée sur la réflexion citoyenne pour empêcher toute contestation, elle impose dogmatiquement l’ordre nucléaire.
Celui-ci assure et garanti par la force les monopoles d’exploitations des énergies de « stock » et ces monopoles ne s’exercent efficacement que si l’on dispose de l’arme atomique.
C’est pourquoi, si l’on veut faire partie du club très fermé des pays détenteurs de l’arme nucléaire, il faut coûte que coûte développer la technologie de l’atome et construire des centrales nucléaires officiellement destinées à produire de l’électricité.
La compétition est rude et sans pitié.
Accidents et guerre à venir font partie des aléas prévus pourvu que l’on garde la main.
La boucle est ainsi bouclée et le pillage des ressources non renouvelables pour produire de l’électricité est principalement réservé aux pays militairement nucléarisés.
Cependant un soubresaut « politique » survient.
Après l’épouvantable catastrophe de Fukushima et son insurmontable pollution radiologique, l’Allemagne décide d’arrêter sa production électrique d’origine nucléaire pour la réorienter et la diversifier. (L’on pourrait dire écologonomiquement !)
Cette salutaire prise de conscience par une population intelligente et rebelle qui renoue avec le bon sens et manifeste sa solidarité pour le peuple japonais qui subit et endure une terrible contamination est un évènement majeur !
Une brèche est désormais ouverte dans les certitudes « politiques » de ses voisins européens.
Arrivera-telle à se rationner et se libérer économiquement pour financer massivement les technologies nouvelles et alternatives permettant de produire l’électricité du futur ?
Il faut l’espérer et vaille que vaille soutenir cette belle et courageuse initiative !

Y.B.

Traduction ci-après de l’article écrit par Frank Schirrmacher et paru dans le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung du 28 mars 2011

Rhétorique et réalité


Les neuf lieux communs du partisan du nucléaire

Des décennies de débat sur le nucléaire ont perverti la langue. Les phrases que nous entendons pendant le moratoire [de fonctionnement des centrales nucléaires en Allemagne, décidé après les accidents de Fukushima] sont des manœuvres de diversion. Elles formulent des thèses qui n’en sont pas et sont des insultes à l’intelligence.
Voici une analyse des éléments de langage les plus importants.


1. Les centrales atomiques allemandes sont les plus sûres du monde.
Cela ressemble à une affirmation technique, mais ce n’est en vérité qu’une comparaison morale. Elle dit seulement que, par comparaison avec ce que font les autres, ce que nous faisons est le meilleur. Elle ne compare rien de technique. Le message devrait donc être : même dans le pire des cas, notre uranium ne rayonne que quelques heures et non des centaines d’années. Naturellement, c’est absurde. Cette comparaison est un leurre : elle n’a rien à voir avec ce qui se passerait dans le pire des cas, mais seulement avec ce que les hommes peuvent prévoir dans le meilleur des cas.
Par définition, l’accident atomique majeur, le pire des cas, est caractérisé par le fait qu’il ne peut se comparer qu’à lui-même. Comme on ne peut pas exclure le risque résiduel, la formule simple pour un moratoire est : même les centrales atomiques les plus sûres du monde ne sont pas sûres ; ou bien : même les centrales atomiques les plus sûres ne sont sûres que dans la mesure où elles sont sûres.
2. La sécurité absolue n’existe pas.
Une inversion classique, une tromperie. Car le fait est justement qu’ une certitude absolue existe : nous savons en fait exactement ce qui arrive quand le cœur nucléaire entre en fusion, combien de temps dure la radioactivité, quels sont les effets du césium et de l’iode sur les gens et l’environnement, combien de générations futures auront à en souffrir dans le pire des cas. C’est la certitude absolue d’un processus physique qu’on peut mettre en rapport avec l’insécurité relative des centrales, reconnue par les opérateurs eux-mêmes.
3. Le risque fait partie de la vie.
Cette phrase est une tautologie. La vie est toujours un risque. Si les risques font effectivement partie de la vie, la vie procède de l’évaluation des risques. La perfidie de la phrase tient dans ce qu’elle insinue qu’il faut rappeler aux gens l’existence de risques. En vérité, la vie toute entière n’est qu’une gestion des risques, qui commence le matin quand on ouvre la porte de sa maison, mais ne finit pas le soir quand on regarde le journal télévisé. Les hommes du vingt-et-unième siècle vivent dans une évaluation permanente des risques, non pas parce qu’ils sont des fanatiques du risque, mais parce que le risque est devenu la norme. C’est ainsi, par exemple, que personne ne traverse une rue passante sans avoir regardé à droite et à gauche. Pourtant les gens traversent les rues, mais pas les autoroutes en général.
De même, courir un risque signifie toujours calculer ses chances. Gerd Gigerenzer a défini dans un autre contexte l’heuristique appliquée par les gens pour évaluer de tels risques : « éviter les situations dans lesquelles de nombreuses personnes perdent la vie à un moment donné. » La phrase « le risque fait partie de la vie » signifie en fait, dans le cas de l’accident atomique majeur : tu dois envisager que toi, ta famille et des descendants éventuels serez un jour écrasés d’un coup. Cela n’a plus rien à voir avec le risque, mais avec le destin, auquel il ne nous reste qu’à nous abandonner. De ce point de vue, la chance de l’énergie atomique ne tient pas à une énergie moins chère, mais à la chance que l’accident maximal ne s’est pas encore produit jusqu’ici. C’est peu de chance, en regard du risque.
Hartmut Gründler, malheureusement oublié aujourd’hui, dénonçait il y a des décennies, dans le magazine littéraire des Éditions Rowohlt, Die Sprache des großen Bruders (La langue de Big Brother), la manipulation par le langage dans l’ère atomique. Il proposait déjà à l’époque de remplacer la tournure euphémique « Chances et risques de l’énergie nucléaire » par la tournure appropriée : « Chances et dégâts par l’énergie nucléaire ».
4. Un cas comme celui de Fukushima ne pourrait pas se produire en Allemagne.
Le tour de passe-passe consiste à comparer des choses que personne ne compare l’une à l’autre et à laisser de côté les choses comparables. Naturellement, un cas pareil à celui de Fukushima ne pourrait pas se produire en Allemagne. Mais ce n’est vrai que pour les faits déclencheurs. La nature même de l’accident atomique majeur comporte son caractère invraisemblable. Il ne peut être comparé qu’avec lui-même. D’autres risques potentiels s’ajoutent dans d’autres pays, c’est pourquoi personne ne plaide pour des digues anti-tsunami [en Allemagne].
Mais il ne s’agit pas de cela. Bien sûr, un cas comme celui de Fukushima pourrait se produire, comme chacun le ressent. Il faut faire la distinction entre la survenue de l’accident atomique majeur, qui peut se produire partout, et l’incapacité des hommes à en venir à bout. L’un est l’exception, alors que l’autre, comme nous le voyons pour la troisième fois [après Harrisburg en 1979 et Tchernobyl en 1986], est la règle. Fukushima montre que les hommes ne peuvent pas interrompre les processus atomiques qu’ils ont déclenchés lors d’un accident majeur. Or, c’est une compréhension de nature normative : ce que nous voyons à Fukushima peut se produire partout dans le monde.
5. Même si nous [en Allemagne] sortons du nucléaire, nous restons entourés de centrales atomiques.
C’est peut-être l’argument le plus minable, car il dénote le suicide de la politique. On peut transférer l’argumentation à titre expérimental à la prolifération des armes atomiques ou au traité de non-profilération nucléaire. Même si nous n’avons pas d’arme atomique, les autres en auront. Dans le passé, ce n’était pas une raison de s’en procurer mais au contraire d’empêcher d’autres d’en fabriquer.
6. Le courant ne sort pas de la prise.
Cette affirmation appartient, comme celle du point 2, aux arguments d’infantilisation qui présentent les critiques comme des naïfs, des utopistes ou des nantis. Variante de la phrase : « les légumes ne poussent pas chez Aldi, mais dans les champs ». Les opposants à l’énergie atomique parlent de l’ensemencement, du fumage et des conditions de formation des légumes. Ils veulent décider de la culture.
7. La chance / le risque d’arriver à un accident atomique majeur est extrêmement invraisemblable.
La chance d’avoir six numéros et le complémentaire au loto est de 1 sur 139 millions. Pourtant il tombe à intervalles réguliers. Évidemment, c’est lié au grand nombre de joueurs. De même la chance d’un accident majeur devient d’autant plus vraisemblable qu’il y a davantage de centrales atomiques. Malgré la probabilité infinitésimale de gagner au loto, les chances sont réelles de devoir partager le jackpot. La probabilité est absolument certaine de faire partager par tous et leurs descendants les conséquences de l’accident majeur. Nous ne parions pas qu’il ne se produira pas, mais seulement qu’il ne se produit pas maintenant. Il se produira pour un nombre assez élevé de parieurs.
8. Fukushima n’a absolument rien changé pour nous.
Toute une civilisation technique, des semaines après l’événement, ne sait ni ce qui s’est réellement passé, ni ce qu’elle peut faire. C’est une nouveauté historique. Que nous n’ayons pas été atteints physiquement ne change rien à la généralisation [de cette leçon] à l’ensemble de la culture technico-scientifique. Jochen Hörich l’explique depuis des années avec l’exemple de Tchernobyl : l’explosion étonne l’expert, mais pas l’étudiant qui distribue des tracts devant le restaurant universitaire. Il s’y est attendu. Fukushima a changé quelque chose pour nous, parce qu’il est arrivé ce qu’aucun expert n’a prévu, mais que tout le monde a envisagé.
9. Prophètes de malheur! L’humanité a survécu à bien d’autres choses, elle survivra à ça aussi.
Le gouvernement américain a instauré il y a des années une commission qui devait réfléchir à la façon de munir d’avertissements les décharges de déchets atomiques ultimes. Le problème est que le danger mortel persistera des millions d’années. Les hommes sauront-ils encore au moins lire ? Comprendront-ils nos signes ? Que signifiera une tête de mort ? Faut-il construire des pyramides ? La commission, composée d’anthropologues, d’ethnologues et d’écrivains a échoué en fait. Conclusion : que nous survivions à quelque chose ne signifie pas que nos enfants y survivront.
Il n’existe aucune technologie, autre que l’atomique, avec laquelle nous pouvons nous projeter aussi loin dans l’avenir. Les décharges ultimes du temps de la naissance du Christ, s’il y en avait déjà eu, n’auraient perdu aujourd’hui qu’une petite fraction de leur dangerosité. Peut-être ce danger se serait-il confirmé au dix-neuvième siècle qui a remué le sol comme aucun autre… Goethe en tant que directeur des mines [à Ilmenau en Thuringe] aurait apprécié. Nous n’aurions alors pas à nous poser la question de la survie, puisque nous n’existerions pas, au moins sans déformation.

(Source : Planète sans visa_fabrice-nicolino.com)

Et voici, sur le même sujet, une vidéo de l’excellente émission « Arrêt sur images » version télé, du 16 janvier 2000.

Où l’on constate qu’il faut savoir lire un communiqué de presse traitant d’un incident relevant d’une centrale défaillante du parc nucléaire !
Nous ne pouvons qu’être affectés d’être à ce point concernés

« Quelques jours après la tempête de décembre 1999, on apprenait en janvier 2000 que la centrale nucléaire du Blayais, en Gironde, avait connu un incident de niveau 2 (qui en comporte 7), dû à des inondations. Les communiqués publiés par EDF entre le 28 décembre, jour de l’incident, et le 5 janvier, jour de sa médiatisation dans le journal Sud Ouest, sont pour le moins peu explicites et volontairement jargonnants. Ils sont décryptés par Valérie Casanova, devant le directeur de la communication d’EDF » :