déc 31

Au zénith de la « Croissance », la guerre ou…la paix !

Au seuil d’un changement climatique de grande ampleur nous arrivons inévitablement au terme d’une crise d’ordre politique, économique et écologique car nous avons aujourd’hui les preuves systématiquement répétées que l’utopie de l’expansion infinie repose sur l’inconsciente et effroyable négation des limites planétaires.

Politiques parlementaires…

Ce contexte est d’autant plus sordide qu’il  s’est développé à partir d’un modèle économique autoritaire se goinfrant de toujours plus d’énergie pour alimenter ses modes de vie. Dans cet espace « mondialisé », l’origine et l’identité des citoyens(es) auraient dû s’unir fraternellement.  Or, ce qui est advenu est exactement l’inverse car l’argent a séparé tous les humains. Sur la base de caractères collectifs, la discrimination par la richesse a été légitimée et empêche maintenant toute entente raisonnable et pacifique. L’argent, utilisé comme principal outil de discrimination à permis partout de renforcer les séparations, les frontières, les murs et de soumettre les humains à son dictat ! Il alimente en continu la « croissance », le commerce, le rendement du capital, le droit, la surveillance biométrique, la guerre et livre la planète au productivisme et consumérisme débridés.

L’éradication des peuples indigènes et  la suppression implacable de la biodiversité ont été le mot d’ordre caché du culte de la « croissance ».

Au point culminant de cette « croissance » l’orient et l’occident s’affrontent aujourd’hui ouvertement pour l’appropriation et le contrôle des ressources naturelles. Des deux côtés, alliances et sanctions économiques, impression de milliards par les banques centrales, propagandes médiatiques, cyber-attaques, actions militaires sous fausses bannières annoncent l’hyper inflation et précipitent notre civilisation dans une crise globale car la demande des ressources fossiles ne cessant d’augmenter, la seule façon envisagée pour éviter la dévaluation des monnaies dollar-euro ou yuan-rouble reste la guerre.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_nucl%C3%A9aire

Menaces de frappes nucléaires…

Les conflits armés et tensions internationales susceptibles de déclencher cette 3ème guerre mondiale font partie intégrante de notre quotidien technoscientiste, connecté hors-sol et en continu au réseau, automatisé, robotisé, fait de béton, de clics et d’écrans délivrant l’image d’un monde totalement numérisé. La Terre telle que nous l’avons connue se défait sous nos pieds. Le bon sens n’éclaire plus notre civilisation qui, jour après jour, se fourvoie dans un appétit de « croissance » transhumaniste qui pourrit les sols, l’eau et l’air avec une pétrochimie omnipotente et une pollution radioactive durable. Cette idéologie détruit l’environnement et les fragiles équilibres qui animent la biosphère. Elle ne répond en fait qu’à  la satisfaction immédiate et éphémère de pulsions individuelles sans considération pour la vie, a fortiori celle des générations futures.

C’est pourquoi, sous la forme d’une « crise globale » catalysée par le changement climatique, nous assistons à la dislocation des préceptes économiques, politiques et religieux qui ont fait le monde d’hier, à la montée en puissance du techno-totalitarisme du monde d’aujourd’hui et conséquemment au laisser faire des élites hypnotisées par le chant des sirènes transhumanistes appelant à l’eugénisme.

Aussi, la recherche d’éthique planétaire est scrupuleusement étouffée par la société néolibérale qui a mondialisé habilement le croissancisme, le productivisme esclavagiste et le consumérisme d’addiction. Cette décomposition conduit tout droit au chaos politique, au choc démographique, à la confusion et à la mort de l’organisation « mondiale » actuelle.

Les glaciers de la cordillère des Andes...

Les glaciers de la cordillère des Andes…

Alors, fin 2014, dans cet environnement gangréné, attaqué de toutes parts et hypertrophié qui est le nôtre, l’on dresse entre autres choses le constat que les glaciers (ces grands châteaux d’eau planétaires  représentant 70 % des eaux douces et constituant une partie importante de la cryosphère  fondent de plus en plus rapidement. Ces « sentinelles » du changement climatique nous alarment !

Au même moment, des écosystèmes disparaissent et de nombreuses espèces animales et végétales communes sont menacées par un risque de disparition encore plus élevé.

Il n’est que de voir les cétacés et dauphins s’échouant en masse sur les plages.

Il n’est que de voir les morts massives d’animaux (les hécatombes d’oiseaux et de poissons en nette augmentation) qui, en dehors des prophéties eschatologiques, bénéficient souvent de nombreuses justifications rationnelles mais rares en fait (en dehors de la maladie ou des variations soudaines de température) sont les explications officielles.

En vérité, les menaces engendrées par le modèle de « croissance », telles que les pollutions, les perturbations causées par le bruit, la vitesse et le développement industriel portent continuellement atteinte à la vie sous toutes ses formes.

Le marché illégal du braconnage est lui aussi en constante inflation.

Éléphant…le compte à rebours (gravure du XVIII)

Alimenté par l’argent, la forte demande d’ivoire et de corne en Asie a amplifié odieusement la chasse des éléphants, mais aussi des rhinocéros. Résultat, Il ne reste plus que cinq rhinocéros blancs du nord dans le monde, (ils vivent désormais captifs en zoo à l’abri des braconniers) et les éléphants d’Afrique auront carrément disparu d’ici une génération.

La liste n’est pas exhaustive et les atteintes violentes au genre humain (très largement banalisées par les médias) y tiennent quotidiennement la place la plus importante.

L’air du temps s’est fortement dégradé et ce constat est révélateur d’une biosphère de plus en plus impactée par l’accroissement irresponsable de l’exploitation pétrolière et gazière au travers de l’affrontement affiché de l’orient contre l’occident pour faire face au changement climatique. De fait, ce modèle violent et mortifère de « croissance » imposé dans tous les pays de la planète fabrique en continu pollutions, injustices sociales et guerres durables.

Malgré les échecs de Kyoto/Copenhague démontrant que les représentants des nations étaient incapables de s’accorder sur des qualités morales plurielles défendant la communauté de vie planétaire face au besoin énergétique et au changement annoncé du climat, le secrétaire général de l’ONU, a cependant organisé fin septembre 2014 à New York un sommet des chefs d’État visant à préparer la 20e conférence de l’ONU sur le climat. Ce projet ambitieux de nouveau pacte mondial pour préserver la planète (notre bien et espace commun) du dérèglement climatique s’est ensuite tenu au début du mois de décembre à Lima (Pérou). Près de 10.000 personnes (délégations nationales, ONG, scientifiques, experts) ont ainsi participé à cette rencontre dans la capitale péruvienne.

Toutefois, même si  l’enjeu climatique était à cette occasion en haut de l’agenda de nombreux pays, nous avons eu la sempiternelle démonstration que les institutions politiques n’offraient toujours pas des tables de négociations où l’on défende les valeurs à même de faire face au choc climatique ainsi qu’aux valeurs universelles de la raison.

En guise de parenthèse et à défaut d’avoir défini avec succès des trajectoires de réductions de gaz à effet de serre cohérentes et solidaires, les participants auront tout de même pu respirer gratuitement un bol d’air pur délivré par l’étrange « arbol » ce super-arbre électrique – support urbain de publicité - convertisseur de CO2 en oxygène ! Un incroyable symbole que cet « arbol »……

Le clivage entre pays du Nord et du Sud englués dans le choix des énergies fossiles persiste donc dangereusement ! Parce que le déséquilibre économique mondial stigmatise le refus de combler le fossé entre pays développés, en voie de développement ou émergents, la souffrance identitaire a une nouvelle fois éclaté au grand jour.

Elle est plus que jamais la première souffrance sociale actuelle.

Ainsi, les naufragés du développement n’ont toujours pas été compris. Ils ont été considérés comme les dommages collatéraux du bien, de la « croissance ».

Que n’eussent été présents des citoyens planétaires à la table des négociations !

Ils auraient donné priorité à ce sujet (tellement important) pour le solutionner, équitablement et justement. Ils auraient ébranlé la certitude qu’une « croissance » sans limites et sans retenue est non seulement dangereuse pour la vie sous toutes ses formes mais qu’elle ne peut plus décider pour l’humanité entière en imposant ses choix, ses lois et ses mœurs. Cette idéologie n’apporte que la misère et la guerre pour le plus grand nombre !

Pour faire face au changement climatique, l’ordre social planétaire qu’il fallait bâtir lors de ce sommet exigeait d’urgence que l’intelligence, le respect et le bon sens soient au service de l’union dans la diversité.

Après deux semaines de pourparlers (où les nations n’ont cessé de jouer égoïstement au jeu de la patate chaude) les discussions n’auront porté que sur le format possible des engagements, ou contributions nationales, que les pays devraient prendre courant 2015 pour réduire leurs émissions en vue d’un pacte multilatéral à la prochaine Conférence Mondiale sur le Climat à Paris fin 2015. Voilà le résultat du rendez-vous de Lima, un fragile accord pour le plan d’action visant à limiter à 2° la hausse de la température de la planète….

Sans remettre en cause l’intégralité du système économique, était-ce bien raisonnable ?

Certes, la promesse d’un meilleur recensement des émissions de CO2 provenant des activités de production et de consommation de la communauté humaine planétaire devrait permettre une meilleure compréhension de leur impact sur l’environnement.  Mais cette nouvelle compréhension ne pourrait favoriser l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de politiques efficaces pour survivre au changement climatique qu’à la seule et unique condition que toutes les populations du globe soient sur un même pied d’égalité !

Pour voir comment notre Terre va évoluer, l’écologonomie faciliterait grandement les approches prédictives par rapport au réchauffement climatique ou aux activités humaines. Voilà ce que

Paris-climat-2015 le rendez-vous !

devrait être le premier stade de la réflexion.

D’ici novembre 2015 il va falloir faire les bons choix.

Après la 21e conférence climat 2015 de Paris / COP 21 il faudra passer aux actes.

En attendant, des puits de pétrole et de gaz naturel abandonnés (depuis de nombreuses décennies) continuent de relâcher insidieusement dans l’atmosphère une partie importante des émissions non prises en compte de ce puissant gaz à effet de serre qu’est le méthane. Ceci s’ajoutant aux innombrables pollutions qui continuent, s’aggravent et condamnent notre Terre actuelle à ne devenir, pour les générations futures, qu’un « Monde perdu » ravagé par les maladies, la guerre et la mort.

Le pacte mondial pour lutter contre le changement climatique sera donc scellé dans moins d’un an à Paris…il doit absolument passer par la pratique de l’écologonomie pour encourager la juste mesure, la paix et le partage pacifique et équitable des ressources encore disponibles.

Le temps est venu de renverser la vapeur de ces années de « croissance » guerrière nourrie aux énergies fossiles et nucléaire. La diversité humaine est aujourd’hui autant en danger que la disparition des autres espèces animales ou végétales.

Le climat change et face à l’inconscience généralisée due au triste conformisme de la condition asservissante qu’incarne le producteur-consommateur conditionné à la guerre, à l’économie néolibérale et aux points de PIB, il faut réagir et s’unir.

Pour contrebalancer l’accélération de tous ces évènements mortifères.

Pour éviter le techno-totalitarisme et le chaos démographique.

Pour nous adapter à l’inéluctabilité du changement climatique.

Pour stopper la fuite en avant de l’idéologie destructrice de « croissance » et la remplacer en portant la nécessaire union planétaire dans l’espace public.

Pour mieux gérer et protéger la biosphère.

Pour la paix.

Nous avons encore un peu de temps.

Celui de  redonner corps et cohérence à la notion de limite dans nos façons de penser.

Celui de retrouver notre humanité, notre liberté et notre sagesse au sein d’une raison universelle résolument indépendante de l’argent, des religions et de toutes les organisations sectaires.

Celui de cesser de faire sa petite part dans son petit coin « associatif » pour au contraire sauter à pieds joints dans l’arène politique en utilisant les formidables instruments potentiels que sont les Principes Fondamentaux et la Charte Planétaire.

Enfin, celui de redonner espoir à la fragile aventure humaine sur la Terre qui avec plus de 4 milliards d’années (ou plus précisément 4567 millions d’années) nous rappelle la fantastique démesure du temps pour l’échelle du citoyen planétaire en devenir.

Il nous faut en toute humilité l’accepter et le comprendre.

Ce temps de la réflexion est désormais compté !

 

Y.B.

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