août 27

Août 2011…

Depuis le point précédemment fait (situation planétaire de 2010), tout s’aggrave !
Ce mois-ci, le coup de tabac sur les places financières à arraché près d’un quart de la voilure des bourses qui manœuvrent désespérément face à la tempête économique toute proche.
Les tristes marins cravatés à l’économie mondiale de Marché ont perdu leur compas, ils s’accrochent aux haubans avant de tomber à genoux sur le pont du navire en perdition.
Branle bas de combat ! Parce qu’ils ont décidé de laisser filer encore plus l’endettement, ils se battent désormais sur tous les fronts, quitte à en créer de nouveaux à terre.
En cette fin d’été les combats font donc rages et l’humanité, plus que jamais, est la proie d’une maladie convulsive et violente du corps politique qui lui fait servir obséquieusement les intérêts d’une élite mondiale (finance,industrie et corporations multinationales) imposant coûte que coûte sa loi économique de croissance débridée pour gouverner le monde.
De fait, notre civilisation prévaut moins que jamais sur la barbarie car ses chefs s’affrontent en une fuite en avant de plus en plus sauvage pour piller et contrôler les rares richesses pétrolières, gazières et d’uranium encore disponibles.
Ainsi, la tendance, lourde, se durcit en précipitant les hommes de paille que sont les soldats dits réguliers, les mercenaires, terroristes, résistants et rebelles armés dans des tueries grandissantes.
Ces gens là se tuent et tuent dans le feu roulant des insurrections et guerres déclenchées pour durer.
Ces carnages, couverts par la propagande des médias officiels, baignent dans la lumière tamisée des grandes messes de la presse qui évite très souvent d’éclairer les opinions publiques sur les nouvelles technologies d’armement utilisées. (Celles-ci permettent en effet l’orchestration redoutable des combats afin de détruire les infrastructures et pratiquer avec une terrible précision le principe de la terre brulée). Elle ne sensibilise pas non plus suffisamment sur les atrocités commises lors des nettoyages ethniques ni n’informe impartialement sur la souffrance des civils innocents.
L’Histoire se répétant, avec de l’argent et des armes l’ensauvagement est planifié et les déferlements meurtriers soulignent dramatiquement la stratégie du choc.

Augmentation et aggravation des crises…planète en état de choc !

Mais le déterminisme de guerre ne suffit plus pour renflouer les caisses et maintenir à flot le navire. Pour maintenir le sacro-saint principe de richesse du plus petit nombre, des foyers de haine et d’injustice ont été rallumés sur une Terre en métamorphose dont l’avenir biosphérique (dépendant du changement climatique et des chocs induits) va occuper une place majeure dans les choix politiques futurs.
Encore faut-il le comprendre et s’unir pour y faire face, prendre les justes orientations, mener des actions efficaces et de bon sens !
Les temps ont changés, notre civilisation boucle le tour de la planète et approche de la croisée des chemins.
Quittons donc cette Terre en proie aux guerres, pollutions dévastatrices, catastrophes naturelles, chocs climatiques, souffrances, famines et injustices.
Quittons ce capharnaüm de discordes, d’immoralité, d’erreurs politiques et de souffrances et prenons de la hauteur.
Venue du fin fond de l’espace, une voyageuse céleste (la comète C/2010 X1 Elenin) rentre dans notre système solaire et devrait être au plus près de notre planète (35 millions de kilomètres) à la mi-octobre. La distance est importante car ce géocroiseur large de 4 kilomètres sera 90 fois plus éloigné que la Lune. Il sera alors peut-être  possible de l’observer avec une paire de jumelles. Une bonne nouvelle !
En dehors de toutes considérations de mécanique céleste, d’influences réelles ou supposées sur le climat ou la lithosphère et sans tirer de plan sur la comète, se pourrait-il que celle-ci symbolise le temps venu du changement d’ère planétaire pour les affaires humaines ?
Se pourrait-il qu’elle annonce le temps du retour à la paix, à l’entre-aide, l’amour et la concorde ? Se pourrait-il qu’elle signifie l’ouverture de la porte sublime universelle, l’entrée de l’humanité dans l’âge adulte ?
Peut-être…
En attendant un tel renouveau et toujours la tête dans les étoiles, imaginons qu’un jour, un autre géocroiseur abritant des voyageurs extraterrestres, s’approche lui-aussi de notre Terre.
Que verraient alors ces derniers ? Probablement des bipèdes arrogants, masochistes, ne sachant pas communiquer sur un pied d’égalité à l’échelle planétaire (sinon par l’insécurité, la division des langues, de leurs frontières et par l’aide d’une myriade de traducteurs) cultivant la violence, la barbarie, la compétition, la misère et l’injustice, guidés en cela par l’entité argent omniprésente, vampire et tentaculaire.
Une vision pas vraiment idéale !
Le passage d’Elenin brillera donc comme un rappel ténu à l’universalisme.
Cette comète nous rappelle symboliquement qu’il est toujours temps de changer le cours des choses et nous invite à ouvrir notre conscience sur l’espace, le temps et l’avenir possible de l’humanité sur Terre.
Il suffit de le vouloir collectivement et de rester attentif à l’histoire des civilisations (symbolique existentielle du temps qui passe) pour ne pas oublier et tendre vers un futur d’union planétaire…
Retournons sur Terre.
Un homme politique insoumis, incorruptible et qui était porteur d’une parole juste vient de mourir. Cet homme exemplaire s’appelait Jack Layton.
Il était au Canada le porte-parole de l’opposition officielle et responsable du Nouveau Parti démocratique.
Estimé et estimable, il est décédé (tout comme de nombreuses personnalités ayant marqué notre époque) d’un cancer !
Deux jours avant son décès survenu le 22 août 2011, il a rédigé une lettre, un appel exemplaire à la raison. Véritable message d’espoir et de paix dont voici l’extrait final :

Chers amis,

…Alors que ma carrière politique s’achève, j’aimerais vous transmettre toute ma conviction que vous avez le pouvoir de changer ce pays et le monde. Plusieurs défis vous attendent, de l’accablante nature des changements climatiques à l’injustice d’une économie qui laisse tant d’entre vous exclus de la richesse collective, en passant par les changements qui seront nécessaires pour bâtir un Canada plus solidaire et généreux. Votre énergie, votre vision et votre passion pour la justice sont exactement ce dont ce pays a aujourd’hui besoin. Vous devez être au cœur de notre économie, de notre vie politique, et de nos plans pour le présent et pour l’avenir.

Nouvelle et captivante alternative

Et finalement, j’aimerais rappeler à tous les Canadiens que le Canada est un magnifique pays, un pays qui représente les espoirs du monde entier. Mais nous pouvons bâtir un meilleur pays, un pays où l’égalité, la justice et les opportunités sont plus grandes. Nous pouvons bâtir une économie prospère et partager les avantages de notre société plus équitablement. Nous pouvons prendre mieux soin de nos aînés. Nous pouvons offrir à nos enfants de meilleures perspectives d’avenir. Nous pouvons faire notre part pour sauver l’environnement et la planète. Nous pouvons réhabiliter notre nom aux yeux du monde. Nous pouvons faire tout ça parce que nous avons enfin un système de partis politiques fédéraux qui nous offre de vrais choix; où notre vote compte; où en travaillant pour le changement on peut effectivement provoquer le changement.

Dans les mois et les années à venir, le NPD vous proposera une nouvelle et captivante alternative. Mes collègues du parti forment une équipe impressionnante et dévouée. Écoutez-les bien, considérez les solutions qu’ils proposent, et gardez en tête qu’en travaillant ensemble, nous pouvons avoir un meilleur pays, un pays plus juste et équitable. Ne laissez personne vous dire que ce n’est pas possible.

Mes amis, l’amour est cent fois meilleur que la haine. L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir. Alors, aimons, gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde.

Chaleureusement.

Puissent tous les citoyens planétaires, dans tous les pays, s’ inspirer de ce message pour s’émanciper de tous les déterminismes (économiques, guerriers, religieux, ethniques, sectaires, politiques, nationalistes) et pour renouer, vite, avec les racines de vie qui nous relient à la Terre !
Les pieds sur Terre, sachons donc raison garder en mettant la citoyenneté planétaire au centre des politiques menées, en imaginant de nouvelles lois pour utiliser équitablement l’argent, en élaborant maintenant et collectivement une alliance mondiale pour l’Union Planétaire.

Y.B.

Comment l’argent est créé à partir de dette et pourquoi il est virtuellement impossible de s’en débarrasser…la tempête économique est là !

sept 10

W.Eugène Smith_The walk to paradise garden !

W.Eugène Smith_The walk to paradise garden !

L’altérité du temps, dans l’analyse des évènements, nous porte à la réflexion, à l’admiration ou à la critique. Or, il nous faut faire face actuellement à une tendance lourde d’ignorance et d’indifférence portés par l’addiction à la consommation. La présentation du spectacle du monde démontre tous les jours la perte de l’idéal d’universalité et de son unité planétaire.

Le sens commun est à retrouver d’urgence pour se réapproprier l’histoire, notre histoire.

Celle du genre humain sur la planète Terre.

Voici donc une analyse à découvrir pour enrichir le débat. Bonne lecture !

Y.B.

Stratagèmes du changement,
de l’illusion de l’invraisemblable à l’invention des possibles,
chapitre IV, août 2008
(Paru aux
Éditions Libertaires / Courtcircuit-diffusion).

«L’analyse qui s’oriente dans l’univers réifié du discours de tous les jours, qui désigne ce discours et l’interprète avec les termes de cet univers réifié, fait abstraction du négatif, de ce qui est autre et antagonique, de ce qui ne peut pas être appréhendé avec les termes de l’usage établi. En classant et en distinguant les sens, en les séparant, elle prive la pensée et le langage des contradictions, des illusions, des transgressions. Mais les transgressions ne sont pas celles de la « raison pure ».

Elles ne sont pas des transgressions métaphysiques qui vont au delà des limites de la connaissance possible, elles débouchent plutôt sur un domaine de la connaissance qui se situe au delà du sens commun et de la logique formelle. En se fermant l’accès à ce domaine, la philosophie positive érige un monde qui se suffit à lui-même, fermé, bien protégé contre l’intervention des facteurs externes perturbants. »
Herbert Marcuse, One-dimensional man, 1964, Trad. fr. L’homme unidimensionnel, 1968.

Notre problème est de nous poser la question du changement dans un domaine où il n’y a pas d’autre solution que la continuité conservatrice de l’illusion d’un changement permanent. Le mensonge de cette question s’impose partout où la seule vérité est celle du profit tiré de l’exploitation d’autrui.
« Tel est le consentement mutuel à ce que rien ne change parce que seule change la présentation du spectacle. Le constat du monde ignore le regard de la vie, le changement de perspective, l’aube du dépassement. »
Raoul Vaneigem, Journal imaginaire, 2006.

La société de la marchandise toute puissante, occupe totalement le terrain de notre époque. Son discours médiatique a envahi tout l’espace disponible. Tout ce qui apparaît, comme objet de son marché de dupe, passe pour objectivement vrai, donc indiscutable. Tout projet de dépassement ne peut y être qu’irréel et inconcevable. Toute contestation n’est acceptable que si elle n’a aucune conséquence sur le système, ne remettant en question que des détails de gestion.
Dans cette représentation universelle totalitaire, tout le monde est pour le changement, mais il n’est que boniments publicitaires. Tout changement n’y est effectivement qu’un réaménagement apparent des modalités de fonctionnement de quelques particularités mises en avant-scène pour occuper la galerie. Le changement en action y a perdu sa signification opérationnelle.
« L’auto-détermination ne sera effective que lorsqu’il n’y aura plus des masses mais des individus libérés de toute propagande, de tout endoctrinement, de toute manipulation, qui seront capables de connaître et de comprendre les faits, d’évaluer enfin les solutions possibles. »
Herbert Marcuse, L’homme unidimensionnel, 1968.

Dans le règne du spectacle intégré, le discours de l’information se présente comme la seule cohérence possible, parce qu’il est conforme au fonctionnement de la société marchande. Ce qui est économiquement correct ne peut-être critiqué, car c’est la seule objectivité logiquement admise. Ce discours est le passage obligé pour devenir visible ou audible. Ayant aboli toute remise en cause de son point de vue, il s’est approprié tous les médias, tous les organes de presse comme moyen de pression sans limite. Sortir de ce cadre totalitaire de la pensée équivaut à s’exclure de la société comme malade malfaisant. Ce discours domine tous les autres en les englobant et s’impose comme la symbiose des idéologies, des politiques et des religions dans l’apparence perpétuelle d’un spectacle permanent. L’illusion d’exister au cœur de son époque, passe par la soumission sans réserve à cette divinité universelle, mystification d’un abêtissement uniformisé.
Tous ces arrivistes besogneux qui se prennent pour des artistes, ne recherchent en fait, qu’un moment de pouvoir sur la scène des apparences trompeuses. Dans cette course folle au premier rôle pour un petit morceau de célébrité, chacun cherche encore à s’accaparer sa petite minute de gloire en apparat de pacotille sous les projecteurs, dans l’éphémère mise en scène truquée de bouts de ficelle et d’effets d’artifices. Dans les rayons de ce supermarché du show business, chacun s’approprie son idole pour fantasmer sur son existence par procuration, du fond de sa solitude sans lendemain.

Pour ne plus se laisser piéger par nos représentations étalées en marchandises, il nous faudra élargir le cadre restreint de ce qui s’affiche, imaginer ce qui se passe derrière l’objectif, voir comment on s’affaire dans les coulisses, comprendre comment tourne cette machinerie avec ses truquages, ses tromperies et ses techniques de manipulation. La mise en scène de nos interprétations sépare les acteurs spécialistes des spectateurs consommateurs d’illusions, passifs et soumis à cette société totalitaire. La vie est abstraite d’elle-même. Seul est vécu ce qui est vu, le reste n’a d’existence que dans le vide de la contemplation. Cette servitude volontaire au salut par la marchandise n’est que la sanctification de la vie sacrifiée à l’économie.

Cette mise en scène publicitaire du capitalisme financier, apparaît comme une immense accumulation de marchandises spectaculaires, où l’on ne peut parler que le langage même de ce spectacle, rendant tout changement de perspective apparemment illusoire. Le spectacle, comme nous l’a fait comprendre Guy Debord, n’est pas un ensemble d’images mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. C’est une vision du monde qui s’est objectivée. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation.
Le spectacle est le sens de la pratique de l’économie de la société, son emploi du temps. Il se présente comme une positivité démesurée indiscutable et inaccessible. Par principe, il exige l’acceptation passive, sans réplique, qu’il a déjà obtenue effectivement par son monopole de l’apparence. Reflet fidèle de la production de toute chose, qu’il s’accapare comme objet de son marché, le spectacle est le discours que sa dictature tient sur elle-même, son monologue publicitaire élogieux. Il soumet les hommes lorsque l’économie les a totalement asservis. Il n’est rien que l’économie se réalisant par elle-même, pour elle-même. Au moment où la marchandise occupe tous les aspects de la vie, le travail est transfiguré en travail marchandise, le monde transformé en monde de l’économie, et l’économie politique en science de sa domination.

L’homme séparé du produit de son travail dont il est dépossédé, se retrouve séparé de son monde. C’est alors que se perd tout point de vue unitaire sur l’activité accomplie, toute communication personnelle directe. Au moment où les prolétaires se prennent pour des bourgeois, la réussite du système économique de la séparation est la prolétarisation des populations, dans l’isolement généralisé et l’abondance de la dépossession. Comme langage commun de la séparation, le spectacle est la perte de l’unité du monde, dont le mode d’être concret est l’abstraction.

Du point de vue du spectacle, il n’y a pas de points de vue car tout ce qui y apparaît est la réalité, la seule possible. Le vrai est un rôle de la représentation du faux. Le faux sans réplique a fait disparaître l’opinion.
« Si tu regardes longtemps dans l’abîme, l’abîme regarde en toi. »
Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, 1886.

Nous sommes entrés dans le temps de l’absence et de son spectacle, qui occulte les possibilités d’un dépassement possible.
Sous le conditionnement du faux et de la fourberie qu’assure l’organisation de l’apparence, le spectacle intègre l’effacement des limites du vrai et du faux par le refoulement de toute vérité réellement vécue. Celui qui subit passivement son sort, étranger dans son quotidien, recourant à des croyances et des techniques magiques, est en permanence poussé vers la folie pour compenser ce sort. Séparé artificiellement de l’emploi de son existence, sa psychose émergente altère en retour la perception de son monde, où il divague en pleine schizophrénie, plongeant dans une réalité dogmatique fondée sur ce qu’il n’est pas.

La consommation de marchandises aux vertus illusoires, ainsi que l’obsession d’une reconnaissance dans ce non-monde de l’apparence, sont au centre de cette réponse à une communication solitaire sans réponse.
« La société du spectacle avait partout commencé dans la contrainte, dans la tromperie, dans le sang; mais elle promettait une suite heureuse. Elle croyait être aimée.
Maintenant, elle ne promet plus rien. Elle ne dit plus : « Ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». Elle dit simplement « C’est ainsi ». Elle avoue franchement qu’elle n’est plus, dans l’essentiel, réformable ; quoique le changement soit sa nature même, pour transmuter en pire chaque chose particulière. Elle a perdu toutes ses illusions générales sur elle-même. Tous les experts du pouvoir, et tous leurs ordinateurs, sont réunis en permanentes consultations pluridisciplinaires, sinon pour trouver le moyen de guérir la société malade, du moins pour lui garder autant que faire se pourra, et jusqu’en coma dépassé, une apparence de survie… Les jours de cette société sont comptés ; ses raisons et ses mérites ont été pesés, et trouvés légers ; ses habitants se sont divisés en deux partis, dont l’un veut qu’elle disparaisse. »
Guy Debord,
Préface à la quatrième édition italienne de La société du spectacle, 1979.

Au moment où la société découvre qu’elle dépend de l’économie, celle-ci, en fait, dépend d’elle. Dès que les populations comprennent qu’elles ont perdu tout pouvoir de choix sur l’emploi de leur vie, elles se reconnaissent comme le négatif en devenir, détermination d’une humanité qui aspire à devenir souveraine. La puissance de la vie se réalisant, dissoudra la spécialisation, la hiérarchie et la séparation, là où les conditions d’existence se transforment en relations vivantes d’une unité réinventée.
La capacité pratique à dissoudre toute séparation peut se réaliser par une démocratie directe se contrôlant elle-même, là où les individus se réapproprient leur histoire par leur propre nature, là où la communication sans vérités préconçues, se construit pour vivre ses propres conditions d’existence. »

Lukas Stella

(Source : site internet http://inventin.lautre.net)

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août 15

 

Cybèle

 

ô toi, que l’Antiquité nomma la mère des dieux, Cybèle, Terre ; qui soutient mon existence fugitive, inspire moi, au fond de quelque grotte ignorée, le même esprit qui dévoilait les temps à tes anciens oracles.

 

C’est pour toi que le soleil brille, que les vents soufflent, que les fleuves et les mers circulent; c’est toi que les heures, les zéphirs et les néréides parent à l’envie de couronnes de lumières, de guirlandes de fleurs et de ceintures azurées; c’est à toi que tout ce qui respire suspend la lampe de la vie. Mère commune des êtres, tous se réunissent autour de toi ; éléments, végétaux, animaux, tous s’attachent à ton sein maternel comme tes enfants.

 

L’astre des nuits lui-même t’environne sans cesse de sa pâle lumière. Toi seule, au milieu de ces grands mouvements, présentes l’exemple de la constance aux humains inconstants.

 

Ce n’est ni dans les champs de la lumière, ni dans ceux de l’air et des eaux, mais dans tes flancs qu’ils fondent leur fortune et qu’ils trouvent un éternel repos. ô Terre, berceau et tombeau de tous les êtres, en attendant que tu accordes un point stable à ma cendre, découvre moi les richesses de ton sein, les formes ravissantes de tes vallées et tes monts inaccessibles d’où s’écoulent les fleuves et les mers, jusqu’à ce que mon âme dégagée du poids de son corps s’envole vers le soleil, où tu puises toi-même une vie immortelle.

                                                                                                         Julien de Cerval